Sede Environnement (1) s’est engagé à financer l’équivalent de crédits carbone générés sur deux fermes labellisées « Au cœur des sols » (ACS). « Cela peut paraître anecdotique mais c’est un projet pilote, a souligné François Mandin, président de l’Apad (2), le 28 février 2021, au Salon de l’agriculture, lors de la signature entre les deux parties.

Engagement dans le Label bas carbone

Après avoir étudié le marché du carbone, les agriculteurs labellisés « Au cœur des sols » se sont en effet finalement mis d’accord pour déposer un projet « Label bas carbone » auprès du ministère de la Transition écologique. Ce projet a été porté par l’Apad.

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« Nous avons étudié plusieurs cadres de certification et rencontré de nombreux partenaires. Le Label bas carbone a pour avantage d’être français et d’avoir une forte crédibilité auprès des entreprises », a expliqué Diane Masure, vice-présidente de l’Apad. Par ailleurs, l’association insiste sur l’intérêt des indicateurs de cobénéfices environnementaux (qualité de l’eau, biodiversité,…) dans la méthodologie « grandes cultures » de cette certification, bien qu’ils soient optionnels.

230 fermes sont engagées, générant au minimum 200 000 crédits carbone. Les diagnostics sur les fermes sont en cours.

Un prix indexé, au minimum de 60 €/crédit carbone

En ce qui concerne le prix, « l’idée est de ne pas brader ce que font les agriculteurs, a déclaré Diane Masure. Nous avons défini un prix plancher de 60 € par crédit carbone. » Le marché du carbone agricole étant volontaire, les contrats se font de gré à gré. En général, les prix se situent davantage autour de 30 à 40 €.

L’Apad et Sede Environnement ont choisi d’indexer ce prix sur un indice multiple, cocréé en absence d’indicateur déjà existant. « Nous avons longuement réfléchi sur le sujet, a souligné Maelenn Poitrenaud, responsable de l’innovation et du développement chez Sede Environnement. L’objectif est de prendre en compte la production agricole et le marché. Nous avons abouti sur quelque chose d’un peu compliqué, mais d’assez équilibré. »

Cela permettra aux agriculteurs de bénéficier d’une éventuelle hausse de prix au cours du projet, qui dure cinq ans.

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Préserver la biodiversité

Notamment parce que la société produit, étudie et commercialise des fertilisants organiques, Sede Environnement se dit fortement sensible à thématique du carbone dans les sols. « C’est assez logique pour nous d’aller soutenir l’agriculture française, a expliqué Maelenn Poitrenaud. Le lien avec l’Apad s’est fait assez naturellement, car nous partageons les mêmes envies de promouvoir le stockage de carbone dans les sols, pour tout ce que cela apporte. »

Selon elle, les cobénéfices de ce stockage sont ainsi un point fort de l’agriculture de conservation des sols, et tout particulièrement la préservation de la biodiversité. Critère optionnel dans le label bas carbone, « il fait vraiment sens pour nous », a-t-elle souligné.

Hélène Parisot

(1) Filiale du groupe Veolia qui valorise les déchets organiques.

(2) Association pour la promotion d’une agriculture durable.