Pour la treizième année consécutive, l'association Observ’ER a présenté son “Baromètre des énergies renouvelables électriques en France”, accompagnée de l'Ademe et de la de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR). "En France, nous avons toujours été en retard au niveau du cheminement des énergies renouvelables électriques", a déclaré Frédéric Tuille, responsable d'études chez Observ’ER, lors d'une conférence de presse ce 24 janvier 2023 à Paris.

Le photovoltaïque contrarié

La France ne devrait "probablement" pas atteindre les objectifs de déploiement des énergies renouvelables électriques qu’elle s’était fixés pour la fin de 2023. Le secteur devrait manquer de 2 gigawatts de puissance supplémentaire. En 2028, cet écart devrait s'étendre de 4 à 6 gigawatts. La situation pour la filière photovoltaïque devrait être "plus exacerbée" en raison des objectifs "plus ambitieux" attendus pour 2028. "On risque d'avoir une projection de la tendance actuelle aux alentours de 32 gigawatts, alors qu'on attend 35 à 44 gigawatts en 2028", explique Frédéric Tuille.

"Les acteurs redoutent que la loi d'accélération rate sa vraie cible, qui est de la simplification administrative qui doit aller bien au-delà de ce qu'elle est et que les territoires soient libérés des goulots d'étranglement dans le traitement des dossiers", ajoute Frédéric Tuille. Les filières reçoivent un "message brouillé au niveau de l'État". Alors que la France affiche encore des ambitions au niveau du développement du secteur photovoltaïque, le chef d'État aurait repoussé les objectifs de 2028 à 2050, ajoute-t-il. "Quel avenir pour nos investisseurs ?"

"La France fait moins que la moyenne"

Malgré l'avancée des filières d'énergies renouvelables électriques en France, le pays creuse son retard dans la transition énergétique. Cette tendance serait accentuée par les nombreux freins que rencontrent les filières dans le déploiement des énergies vertes. Le temps et la complexité des démarches administratives, la contrainte spatiale, les capacités de raccordement aux réseaux sont des blocages listés par Xavier Nicolas, le vice-président de la FNCCR.

À la suite d'un raccordement de gigawatts de puissance électrique renouvelable supplémentaire en 2021, les filières se maintiennent néanmoins en deçà de l’objectif fixé à 27 % par le plan d'action national. La part d'électricité renouvelable était de 24,8 % en 2020 et de 25 % en 2021. "En 2023, l'objectif sera de 40 %. [...] En 9 ans, il va nous falloir augmenter notre part de 15 %, alors qu'en 21 ans, celle-ci a augmenté de 11,5 %", souligne Frédéric Tuille.

Les pays voisins européens rivalisent avec la France en marquant une différence plus significative depuis l'année 2000. "L'Allemagne fait près de 7 fois mieux, indique Frédéric Tuille. La France fait moins que la moyenne de l'Union européenne."