« La France est contre le Mercosur tel qu’il est négocié aujourd’hui, et nous le resterons très clairement », a lancé Emmanuel Macron à Marseille, devant le congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le 3 septembre 2021 à Marseille.

 

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Pas « compatible » avec « l’agenda climatique et de biodiversité »

« Pas parce que nous ne sommes pas à l’aise avec nos amis du Mercosur (mais) parce que par définition, cet accord tel qu’il a été conçu et pensé ne peut pas être compatible avec notre agenda climatique et de biodiversité », a-t-il poursuivi.

 

« Nous ne pouvons pas le conclure aujourd’hui ainsi », a insisté le président de la République, estimant que « notre politique commerciale doit porter des clauses miroirs sur le plan climatique et sur le plan de la biodiversité ».

 

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« La France a porté en quelque sorte une resynchronisation de notre agenda commercial avec notre agenda climatique et biodiversité, a insisté le chef de l’État. Quand nous avons dit non au Mercosur, c’était avec cela en tête. »

« Réinventer nos politiques commerciales »

« Cela, c’est ce que je veux que la présidence française, aux côtés de nos partenaires, avec la Commission, puisse porter, a-t-il ajouté. Nous devons réinventer nos politiques commerciales pour qu’elles soient cohérentes avec nos politiques climatiques, avec nos politiques de biodiversité, c’est une nécessité. »

 

Conclu en juin 2019 après vingt ans de négociations, ce traité de libre-échange avec les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) a suscité une vague de critiques notamment de la part du secteur agricole et des écologistes.

Un accord qui divise les Européens

Négocié par la Commission européenne au nom des pays de l’Union européenne, le traité ne sera définitivement entériné qu’après avoir été ratifié par les Parlements de l’ensemble des États membres.

 

Mais certains pays, dont la France et l’Allemagne, se sont montrés récalcitrants, doutant de l’engagement du Brésil à défendre l’environnement, surtout avec la multiplication des incendies en Amazonie.