Une nouvelle étude menée notamment par une équipe de scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) montre « l’impact généralisé de la contamination de la biodiversité par les pesticides, se concentrant particulièrement sur les oiseaux vivants proches des terres cultivées en France ».

242 molécules versus 64 espèces d’oiseaux

Les scientifiques ont pu s’appuyer sur les données des achats de pesticides via la Banque nationale des ventes de produits phytopharmaceutiques par les distributeurs agréés (BNV-D), mise à disposition récente par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire). Ils ont ensuite pu croiser les achats de 242 substances actives avec l’abondance de 64 espèces d’oiseaux communs présentes dans les terres agricoles cultivées.

Ils se sont pour cela appuyés sur la base de données du Suivi temporel des oiseaux communs (Stoc). Il s’agit d’un programme de science citoyenne lancé en 1989 — coporté par le Muséum, l’OFB (Office français de la biodiversité) et la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) — qui rassemble les observations annuelles de plus d’un millier d’ornithologues bénévoles.

Un impact généralisé

« Les résultats montrent que les achats de plus grandes quantités de pesticides étaient liés pour 84,4 % des espèces d’oiseaux étudiées à des plus faibles effectifs de celles-ci, même après prise en compte d’autres composantes de l’intensification agricole. L’impact négatif apparaît généralisé, touchant non seulement les espèces spécialistes des milieux agricoles mais aussi les espèces communes qui vivent et se nourrissent dans les terres cultivées », a ainsi fait savoir le Muséum le 14 janvier 2026.

Réduire l’usage des phytos

La LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) juge dans un communiqué à la même date que ces résultats renforce l’urgence de réduire l’usage des pesticides. Elle propose notamment :

  • un soutien renforcé aux agriculteurs engagés dans des pratiques agroécologiques ;
  • un déploiement ambitieux d’infrastructures agroécologiques : haies, mares, jachères, bandes enherbées ;
  • le maintien d’un indicateur clair de la consommation tel que le Nodu.

Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO, insiste : « Destruction du loup, soutien aux mégabassines et aux pesticides… Sous la pression des lobbys, le gouvernement continue d’opposer agriculture, science et nature. Il soutient la course folle d’un modèle agricole à bout de souffle, alors que la véritable urgence est de mettre en place rapidement des mesures concrètes garantissant une transition agricole respectueuse du vivant, et ce dans le cadre d’un dialogue apaisé et constructif. »