Les réticences de la France au projet d’accord de libre-échange avec les pays d’Amérique latine, réitérées par Jean Castex le 18 septembre 2020, sont arrivées jusqu’aux oreilles du gouvernement brésilien. Ce dernier a assuré le 22 septembre, que l’accord commercial ne représentait « aucune menace pour l’environnement ».

« Le Brésil s’est montré capable d’augmenter sa production de viande, de soja et de maïs tout en diminuant la déforestation », peut-on lire dans un communiqué des ministères brésiliens des Affaires étrangères et de l’Agriculture. « De 2004 à 2012, la déforestation en Amazonie a chuté de 83 %, tandis que la production agricole a augmenté de 61 % », précise ce communiqué, qui rejette les arguments du rapport d’experts indépendants remis au gouvernement français.

« Une méconnaissance de la réalité brésilienne »

Pour Brasília, ce rapport intitulé « Dispositions et effets potentiels de la partie commerciale de l’accord d’association entre l’Union européenne et le Mercosur en matière de développement durable » montre une « méconnaissance de la réalité brésilienne ». « L’augmentation de la production (agricole) au Brésil est due aux innovations technologiques, sans nécessité d’expansion vers de nouvelles zones », affirme le gouvernement brésilien dans son communiqué.

Après la France, c’était au tour de la chancelière allemande Angela Merkel d’émettre, le 21 septembre, et pour la première fois, de « sérieux doutes » sur l’avenir de cet accord, face à la menace écologique pesant sur la forêt amazonienne au Brésil.

1 358 km² déboisés en août 2020

Le président brésilien Jair Bolsonaro, qui s’exprimait le 22 septembre devant l’Assemblée générale de l’ONU, a déclaré que son pays était « victime d’une des campagnes de désinformation des plus brutales sur l’Amazonie ». Selon les derniers chiffres officiels, 1 358 km2 ont été déboisés en Amazonie le mois dernier, 21 % de moins qu’en août 2019. Mais si l’on prend en compte les données recueillies depuis janvier, la baisse est seulement de 5 % par rapport à 2019, année de tous les records.

BQ avec l’AFP