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Les nitrites une nouvelle fois blanchis face au risque de cancer

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Académie d’agriculture - Les nitrites une nouvelle fois blanchis face au risque de cancer
Face à la polémique, les industriels ont déjà réduit jusqu’à 40 % les doses utilisées, selon le rapport. Mais le challenge reste d’éviter parallèlement l’intoxication mortelle par la toxine botulique, une priorité pour l’Académie d’agriculture © Cédric Faimali/GFA

L’Académie d’agriculture s’est penchée sur l’état de la science face à la polémique lancée par la Ligue contre le cancer sur les additifs nitrés. Dans son rapport sorti le 9 novembre 2020, les nitrites sont une nouvelle fois disculpés du risque de cancer colorectal. Ce qui a fait réagir sur Twitter le professeur Axel Kahn.

« Le risque soupçonné d’augmentation du cancer colorectal lié à l’utilisation des nitrites comme additifs dans les charcuteries aux doses autorisées par la réglementation n’est pas scientifiquement établi par les études toxicologiques et épidémiologiques disponibles à ce jour. Voilà une des conclusions du rapport de 82 pages que l’Académie d’agriculture a publié le 9 novembre 2020 sur cette épineuse question après avoir examiné l’état de la science.

La controverse ne date pas d’hier mais les preuves n’ont jamais pu être établies : à chaque fois qu’elles se sont saisies de cette question du risque, les autorités sanitaires officielles se sont montrées rassurantes, à l’instar de la dernière expertise disponible, celle de l’Efsa, l’agence européenne de sécurité alimentaire, en date de 2017 sur la réévaluation des additifs nitrés.

Campagne pour l’interdiction

Cela n’a pas empêché la Ligue contre le cancer, emmenée par son très médiatique président, le professeur Axel Kahn, de mener une campagne de diabolisation féroce à l’automne 2019, réclamant leur interdiction. De leur côté, des députés avaient déposé à cette même période un projet de taxation à l’Assemblée nationale, finalement repoussé. Une mission d’information parlementaire est toujours en cours.

Malgré ces avis rassurants et face à la polémique persistante, les industriels de la charcuterie ont déjà réduit jusqu’à 40 % les doses utilisées, dixit le rapport, et cherchent des alternatives. Le groupe de travail de l’Académie considère néanmoins que « la priorité est toujours d’éviter tout risque de réapparition d’intoxication mortelle par la toxine botulique ». Autrement dit, le risque de botulisme est lui bien réel si la charcuterie n’a plus de conservateur efficace alors que celui lié aux sels nitrités n’est toujours pas prouvé.

La publication du rapport de l’Académie a fait immédiatement réagir le professeur Axel Kahn sur Twitter qui n’en démord pas.

« La belle profession des charcutiers vend un produit classé cancérigène avéré, 1, par l’OMS, assure-t-il sur son compte Twitter. C’est intenable. Pour sauver charcutiers et charcuteries, sortir des nitrites est la seule solution salvatrice. C’est bien entendu possible. »  Avant d’ajouter : « Les charcuteries provoquent de 1 200 à 3 500 morts par cancers colorectaux + certains par cancers gastriques. La Ligue demande la sortie des nitrites. »

Philippe Pavard 
Le sel nitrité à l’essai aux États-Unis contre le Covid-19

Ce n’est pas dans le rapport de l’Académie d’agriculture, mais cela aurait mérité d’y être mentionné ! Comme un pied de nez concomitant à la polémique ambiante, de l’autre côté de l’Atlantique, on trouve des vertus potentielles au nitrite de sodium dans la lutte contre le Covid-19.

Le 26 octobre 2020, la très sérieuse Food and Drug Administration, la FDA américaine, a donné son feu vert en procédure d’urgence à un essai recrutant 840 patients Covid (de moins de 72 heures), pour tester un comprimé oral expérimental comprenant 30 mg de nitrite de sodium, baptisé « NOviricid ».

Celui-ci va libérer de l’oxyde nitrique (NO) dans l’organisme, suivant un processus bien connu des scientifiques depuis les années 1990. En septembre, il a été prouvé — in vitro — à deux reprises et par des équipes distinctes (Université d’Uppsala et Université Ben Gourion) que l’oxyde nitrique tue le Covid-19.

C’est la première fois qu’une telle thérapie orale est tentée depuis le début de la pandémie, plusieurs essais cliniques étant en cours aux États-Unis avec de l’oxyde nitrique sous forme inhalée, notamment au Massachusetts General Hospital de Boston.

Lors du précédent épisode du SARS-Cov1, il avait déjà été montré que l’oxyde nitrique possédait un effet virucide sur ce premier coronavirus qui possède 80 % d’ADN commun avec le Covid-19. C’est ce qui fait que les investigations du côté de l’oxyde nitrique ont été lancées. Une vidéo, avec des sous-titres en français, explique comment l’essai va se dérouler.

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