« Nous sommes les seuls à avoir lancé un abattoir mobile porté par une quarantaine d’éleveuses et d’éleveurs sous statut associatif, avec un modèle économique fondé sur l’achat des outils grâce aux subventions », souligne Émilie Dequiedt, présidente de l’association Abattage à la ferme Hérault et éleveuse à Avène.

Un million d’euros de subventions publiques

La disparition des abattoirs de proximité et la volonté de limiter le stress des animaux au moment de la mise à mort ont servi de déclencheur. Lancé en 2019, avec l’UMR Innovation de l’Inrae de Montpellier et l’abattoir public de Pézenas, le projet a bénéficié d’un million d’euros de subventions publiques (Région Occitanie, Banque des territoires, département de l’Hérault…).

Ces financements ont permis de concevoir un caisson d’abattage mobile sur remorque, conforme à la réglementation européenne et pouvant accueillir deux bovins. Mis en service en 2025, l’Abat’Mobile 34 a permis d'abattre une trentaine de bovins dans l’Hérault, une partie de l’Aveyron et du Tarn. « On en prévoit 160 pour 2026, indique Émilie Dequiedt. Quand les trois caissons prévus seront en rotation, l’outil sera amorti. »

Un protocole strict

Le fonctionnement repose sur le tâcheronnage. Un éleveur formé récupère le caisson stationné à l’abattoir de Pézenas et l’achemine jusqu’aux fermes. Contention, étourdissement et saignée sont réalisés sur place, avant le transport de la carcasse vers l’abattoir pour la suite des opérations.

Pour accéder au service, l’éleveur doit adhérer à l’association et obtenir l’agrément de l’abattoir, responsable du volet sanitaire. Un protocole strict s’applique : animaux à jeun et présence obligatoire d’un vétérinaire notamment. Le coût d’une rotation est de 180 euros, hors abattage et découpe.

Pour Marion Welch, éleveuse à Fraïsse-sur-Agoût, « quatre heures de route en moins, c’est un gain de temps et d’argent ». L’expérimentation du caisson pour les petits ruminants débutera à la mi-2026, celui pour les porcs est à l’étude. L’objectif est de répliquer le modèle et d’évoluer vers une Cuma.