Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Les alternatives mécaniques au désherbage total se développent

réservé aux abonnés

Travail du sol - Les alternatives mécaniques au désherbage total se développent
Le Koralin de Lemken a été pensé pour travailler très superficiellement sur 100 % de sa largeur, mais aussi pour affronter des gros volumes de résidus ou des sols non travaillés. Il en résulte un outil impressionnant de plus de 9 m de long. © P. Peeters

En plus des outils traditionnels (charrue, déchaumeur…), de nouvelles machines ont vu le jour pour répondre à la problématique du désherbage total.

Remplacer le glyphosate mécaniquement : l’idée peut faire sourire mais c’est bien un axe de développement suivi par les constructeurs de travail du sol aujourd’hui. En effet, la réduction, voire la possible interdiction de ce produit rebat de nombreuses­ cartes. Mais ce n’est pas la seule raison du déploiement de ces outils. Le changement des pratiques, et notamment la réduction du labour, l’agriculture biologique ou encore les adventices résistantes sont autant de facteurs qui nécessitent un désherbage le plus efficace possible avant l’implantation d’une culture.

Treffler propose une gamme importante de scalpeurs avec des modèles portés et semi-portés de 2,5 à 7,2 m de largeur. Les machines traînées peuvent être équipées d’un semoir pneumatique, avec des descentes sur les dents. © Treffler

Une dent contre les adventices­

L’idée, c’est de détruire 100 % des végétaux présents dans la parcelle. Pour réaliser cela mécaniquement, il va falloir scalper le sol. Il n’est pas forcément nécessaire de travailler en profondeur. Le but n’est pas ici d’enfouir les adventices, mais plutôt de les couper ou à défaut de les déraciner.

Si, pour déchaumer, le travail superficiel est plutôt l’apanage des outils à disques, notamment depuis l’arrivée des DDI (déchaumeurs à disques indépendants), c’est moins vrai lorsqu’il s’agit de désherber. En effet, les disques peuvent travailler très superficiellement mais un disque de 510 mm de diamètre, avec un angle d’attaque de 16,5°, devra agir à une profondeur minimum de 12,5 cm pour assurer un déchaumage sur 100 % de la surface du sol, selon Arvalis.

Contrairement aux autres machines, le Koralin se dote de deux rangées de disques de 510 mm de diamètre mais avec 90 cm entre les deux rangées. Ils sont présents pour faciliter le passage de la machine dans un volume important de résidus. © P. Peeters

L’une des clés de la réussite de cette intervention est, en effet, d’œuvrer sur 100 % de la surface pour éviter de laisser passer une adventice entre les mailles du filet. Au contraire, un outil à dents, dès lors qu’il est équipé de socs suffisamment larges pour assurer un recroisement, peut intervenir superficiellement et assurer un déchaumage sur la totalité de la surface.

Des outils adaptés

Travailler superficiellement implique plusieurs paramètres. L’outil doit conserver une profondeur de travail précise et suivre le terrain du mieux possible, afin d’éviter qu’il ne soit plus en contact avec le sol dès que celui-ci est vallonné. Ce type de machine est ainsi équipé de plusieurs roues, parfois montées sur bogies ou présentes à l’avant et à l’arrière de l’appareil.

Le Finer SL de Horsch est un vibroculteur pensé pour le scalpage. Il se différencie par des dents montées sur un châssis réglable pour un travail le plus plat possible. © P. Peeters

Des marques comme Treffler proposent depuis plusieurs années des outils destinés au scalpage superficiel avec le TG et le TGA, sa version portée.

D’autres constructeurs s’intéressent également à ce type de matériel. Certains adaptent des machines déjà présentes dans les gammes en y ajoutant des ailettes plus larges ou des peignes à l’arrière. D’autres conçoivent l’outil pour le scalpage. Horsch a notamment présenté en 2019 le Finer SL. Sous ses airs de vibroculteur, il est surtout pensé pour le désherbage. En plus de ses différentes roues suiveuses, il adopte un système de parallélogramme réglable pour s’assurer que les dents, et surtout leurs socs, travaillent toujours parallèlement au sol dans le sens d’avancement.

Bonnel, il y a quelques années, et plus récemment Franquet, avec son Cultiscalp, ont conçu un outil de scalpage. © Franquet

Une machine hybride

La même année, Lemken est parti d’une feuille blanche pour lancer un outil encore inédit sur le marché avec le Koralin. Il comprend trois rangées de dents pour scalper. Ces dernières sont dimensionnées comme un déchaumeur mais travaillent à seulement quelques centimètres. Elles peuvent ainsi agir directement sur des chaumes. Le constructeur a ajouté deux rangées de disques indépendants. Similaires à ceux de l’Héliodor, ils ne sont pas là pour scalper mais plutôt pour assurer un travail vertical. Leur but est d’intervenir en présence d’un volume important de résidus ou de végétaux, notamment dans le cas de la destruction d’un couvert.

En effet, détruire un couvert dense ou rampant avec un outil équipé de petites dents est une opération presque impossible. Une fois scalpée, il faut encore veiller à ce que l’adventice ne reprenne pas, surtout pour les rhizomes. Afin d’éviter le repiquage, les outils sont le plus souvent équipés de herses peignes. Elles vont venir détacher la terre des racines et éviter de retasser le sol.

Pierre Peeters

Le facteur météo important

Comme pour le désherbage mécanique sur cultures, la réussite d’une action avec ces machines dépendra de la météo. En effet, un temps séchant pendant plusieurs jours après l’intervention sera un gros avantage. Il diminuera notamment les risques de repiquage et favorisera le dessèchement de la plante déracinée. Ces outils seront donc plus facilement utilisables au début de l’automne, avant les cultures d’hiver plutôt qu’à la fin de l’hiver, avant les cultures de printemps.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !