«Àcompter du 31 décembre 2021, en application de l’arrêté du 24 février 2020, seule la castration avec anesthésie et analgésie sera autorisée », rappelle Valérie Courboulay, de l’Ifip (1). Il existe trois alternatives à la castration à vif des porcelets : produire du mâle entier, l’immunocastration ou la castration sous analgésie et anesthésie locale.

1. Produire du mâle entier

La première solution est de supprimer la pratique en produisant du porc mâle entier, sous réserve de cette possibilité avec l’abatteur. « Le bénéfice immédiat est l’absence de castration, donc un gain de temps de travail, mais également en termes d’efficacité alimentaire, de réduction des déjections et une amélioration du taux de muscle, explique l’ingénieure. En revanche, il peut y avoir des effets négatifs sur les animaux, des chevauchements ou de l’agressivité. Le principal problème est le risque d’odeurs des carcasses, avec de nombreux facteurs qui rentrent en ligne de compte : âge à l’abattage, génétique, alimentation, santé digestive, environnement. »

L’immunocastration consiste à bloquer la production de stéroïdes à l’origine des odeurs de verrat dans la viande. © Ifip

2. Vacciner les mâles

Autre solution : substituer la pratique par une autre, en utilisant l’immunocastration. Le principe est d’injecter, à deux reprises, un analogue de l’hormone Gn-RH, qui a pour effet d’arrêter la croissance testiculaire. Ceci va bloquer la production de stéroïdes à l’origine des odeurs de verrat. Là encore, pas de castration et des atouts en termes d’efficience alimentaire, diminution des déjections et amélioration de la qualité de carcasses : « Il y a une bonne efficacité de la vaccination avec une réduction du risque d’odeur. » Du côté des inconvénients, notons le risque lié à l’injection et des agressions en fin d’engraissement, liées au rationnement. « Il va donc falloir sécuriser l’injecteur, l’accès à l’aliment et être en mesure de détecter les animaux mal vaccinés avant le départ à l’abattoir », souligne la spécialiste.

La castration avec anesthésiants et analgésiques vise à atténuer la douleur, insensibiliser localement, voire endormir. © Ifip

3. Castrer en soulageant la douleur

Enfin, la dernière alternative est de conserver la pratique de castration, en utilisant des produits analgésiques et anesthésiants pour atténuer la douleur, insensibiliser localement, voire endormir. Les bénéfices de la castration sur le comportement des animaux et la qualité des carcasses pour différentes transformations sont connus. « Parmi les points faibles, outre le temps de travail supplémentaire, se posent des questions sur la disponibilité des molécules, dont certaines n’ont pas d’autorisation de mise sur le marché en France, et les équipements liés à la contention pour l’anesthésie, ajoute Valérie Courboulay. La mise en pratique va également nécessiter des besoins de formation des éleveurs. »

Isabelle Lejas

(1) Institut du porc. Intervention lors d’une conférence le 14 septembre 2021 au Space, à Rennes.