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Oser le vêlage précoce en troupeau allaitant

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UGB improductifs - Oser le vêlage précoce en troupeau allaitant
La croissance sensiblement plus faible des veaux nés de génisses ayant vêlé à deux ans peut être rattrapée par une complémentation plus importante avant le sevrage. © Sébastien Champion

Si l’avancement de l’âge au premier vêlage n’est pas encore très répandu en élevage allaitant, c’est un levier souvent proposé pour réduire la part d’UGB improductifs. Voici quelques conseils pour sa mise en œuvre.

«Faire vêler précocement toutes les génisses d’un même troupeau reste une conduite confidentielle, rapporte Philippe Dimon, chef de projet productions de viande à l’Institut de l’élevage. Seuls 7 % des éleveurs de bovins viande optent pour une stratégie de vêlages dits « précoces » [incluant une majorité de génisses vêlant avant 32 mois] contre 38 % en élevage laitier. »

Un gain économique

De récentes simulations issues des projets Effiviande, Beef carbon et AP3C (1) ont démontré les gains économiques et environnementaux d’un premier vêlage à deux ans. « Lorsque cette pratique concerne l’ensemble des génisses de renouvellement, elle se traduit par 10 à 12 % de vêlages supplémentaires pour le même nombre d’UGB », indique Philippe Dimon. La réduction de la part d’animaux improductifs conduit à « une meilleure efficacité économique, pouvant s’exprimer par une hausse de 10 à 12 % de la production de viande vive par UGB ». L’avancement de l’âge au premier vêlage s’accompagne également d’une baisse des émissions brutes de gaz à effet de serre de 4 à 5 % par kilo de viande vive. En revanche, ce choix sous-entend des rythmes de croissance des génisses plus soutenus. D’après les simulations, il faut compter 140 à 160 kg de concentrés de plus par UGB.

Pour aider les éleveurs à avancer l’âge au premier vêlage, la ferme expérimentale de Jalogny, en Saône-et-Loire, a comparé une conduite de vêlage à deux ans et une à trois ans pendant sept ans.

« Maintenir une croissance­ régulière »

Pour réussir la reproduction des femelles âgées de 14 à 15 mois, il est recommandé de viser un poids minimum de 430 kg. « Le piège est de vouloir accélérer la croissance de ses génisses, prévient Julien Renon, responsable du site de Jalogny. Il faut maintenir un rythme de croissance régulier de 700 g/jour grâce à une alimentation adaptée. » La préparation et le déroulement du vêlage à deux ans ne sont « pas plus difficiles », conforte-t-il. Cependant, « une mortalité un peu plus élevée des veaux nés de génisses en vêlage précoce a été constatée, en raison d’un poids plus léger à la naissance. À l’échelle d’un troupeau de 100 vêlages, l’impact d’une mise-bas à deux ans représente un veau sevré en moins », estime Julien Renon. Le choix des taureaux permet de se sécuriser davantage sur ce point.

Après le premier vêlage, les résultats de reproduction présentent peu d’écarts. De même, la pratique du vêlage à deux ans affecte peu le poids des vaches adultes, « à condition de se montrer rigoureux sur les règles d’alimentation jusqu’à trois ans ». Enfin, la carrière des vaches et le rythme de réformes ne connaissent pas de modifications notables.

Lucie Pouchard

(1) Pour plus d’informations, lire La France Agricole n° 3878 du 20 novembre 2020, p. 55.

Poids de naissance et précocité sont liés

Pour accompagner la pratique du vêlage précoce, il existe le testage des qualités maternelles en station, déjà disponible en races limousine et blonde d’Aquitaine. D’autres travaux sont en cours dans le cadre du dispositif Preccaval (1), un des axes du programme Beefalim 2020. Des mesures de précocité ont été réalisées pour 644 génisses charolaises à Bourges et au Pin-au-Haras. « Les corrélations génétiques ont d’ores et déjà démontré que les femelles les plus lourdes à la naissance présentent une précocité de développement post-sevrage moins élevée. À potentiel de croissance égal, ces mêmes génisses sont les moins précoces sexuellement », expose Laurent Griffon, de l’Institut de l’élevage.

(1) Analyse génétique de la précocité et de l’efficience alimentaire des génisses de renouvellement.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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