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Casser le cycle des recontaminations par la tuberculose bovine

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Infection - Casser le cycle des recontaminations par la tuberculose bovine
Analyses de terre à l’appui, le retrait de certaines prairies à risque des surfaces à pâturer est une solution pour éviter la recontamination des bovins par la tuberculose. © C. Watier

La réinfection d’une partie des élevages par la faune sauvage constitue le principal obstacle à l’éradication de la maladie.

En Côte-d’Or, vingt années de travail acharné pour lutter contre la tuberculose ont permis de réduire considérablement le nombre de foyers. Ils sont passés d’une cinquantaine en 2010 à quatre en 2021. La maladie a été circonscrite à une zone restreinte. Cependant, les efforts engagés ainsi que les sacrifices réalisés (abattages partiels ou totaux des troupeaux) n’ont pas mis fin aux recontaminations en élevage. Survenant parfois dix ans après les premiers cas, les résurgences sont douloureuses à vivre pour les éleveurs. En 2020, parmi les 8 foyers détectés, 7 étaient liés à une recontamination.

Blaireaux et sangliers, vecteurs de la maladie

Alors que la mycobactérie, responsable de la pathologie, peut survivre longtemps dans les sols humides et froids, agir sur les facteurs environnementaux n’est pas aisé. « Le réservoir, qui s’auto-entretient avec les blaireaux et les sangliers, est très compliqué à éliminer », pointe Étienne Petit, vétérinaire et épidémiologiste, directeur de la FRGDS (Fédération régionale des groupements de défense sanitaire) Bourgogne Franche-Comté. S’il est relativement facile de surélever les pierres à sel et les auges dans les prés, voire de poser des double-clôtures, il est plus complexe d’éviter les interactions des bovins avec la faune sauvage autour des points d’eau.

De même, à moins de fermer les portes des bâtiments d’élevage, voire de clôturer les sites d’exploitation, une opération particulièrement coûteuse, il est presque impossible d’empêcher les blaireaux et les sangliers de venir s’alimenter la nuit dans les auges des bovins. Une réalité souvent attestée par les caméras de surveillance de vêlage.

Face à cette situation, le GDS de Côte-d’Or mise sur une concertation élargie avec l’ensemble des partenaires (35 ont été identifiés, dont les chasseurs). « Parallèlement au respect des bonnes pratiques concernant les contacts entre bovins (achat d’animaux, voisinage), il s’agit d’intensifier le suivi et le piégeage de la faune sauvage, précise Jean-Luc Chevalier, le président du GDS de Côte-d’Or. C’est une tâche ardue du fait du vieillissement et de la diminution du nombre de piégeurs et de chasseurs. » Alors que les terriers de blaireaux, même contaminés, ne peuvent être détruits, une étude portant sur l’intérêt d’utiliser des répulsifs, ainsi que sur l’efficacité de la désinfection des galeries à l’aide de chaux, est en cours.

Prairies à risque

Mettre à distance la faune sauvage et le bétail passe également par le retrait des prairies à risque des surfaces à pâturer. La réalisation d’analyses de terre dans ces parcelles et l’obtention d’une indemnisation pour leur non-exploitation (via une mesure agroenvironnementale) figurent parmi les mesures préconisées par le GDS.

Dans ce contexte difficile, « la baisse conséquente de la circulation de la mycobactérie cette année, observée aussi bien via les animaux réagissant dans le cadre de la prophylaxie que sur les abattages diagnostic, constitue un signal positif, observe Edwige Bornot, vétérinaire. Il faut s’y accrocher. »

Anne Bréhier

Accompagner les éleveurs

Pour être efficace, la mise en place des mesures de biosécurité nécessite un accompagnement des exploitations sur plusieurs années, ainsi que la création d’un réseau favorisant le partage d’expériences. Cela a un coût, dont une partie pourrait être financée dans le cadre du plan de relance.

« C’est en travaillant au plus près du terrain que l’on sera le plus efficace, estime Étienne Petit. Contrairement aux nouvelles zones d’apparition de la maladie telles que la Nouvelle-Aquitaine où les foyers sont diffus, en Côte-d’Or, ils sont concentrés sur une petite région. C’est un atout. »

À savoir

La mycobactérie responsable de la tuberculose peut se nicher pendant des années dans des nœuds lymphatiques, et s’exprimer brutalement sous l’effet d’un déséquilibre immunitaire. Les animaux deviennent alors contagieux.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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