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Mieux comprendre les viroses sur les légumineuses à graines

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Observatoire - Mieux comprendre les viroses sur les légumineuses à graines
Sept virus transmis par des pucerons ont été détectés sur pois dont quatre très fréquents, provoquant de nombreux symptômes (comme ici un rougissement). © Terres Inovia

Terres Inovia a mené en 2020 un observatoire sur les maladies virales transmises par les pucerons et apparues notamment sur les pois et féveroles.

Comme la betterave, les pois et féveroles ont connu ce printemps une arrivée très précoce des pucerons qui a entraîné le développement de viroses et de nombreux symptômes (lire À savoir). Même chose pour la lentille et le pois chiche. Des problèmes similaires avaient été rencontrés en 2007, année marquée aussi par un hiver doux et un printemps chaud. Étant donné les dégâts occasionnés et le nombre de parcelles touchées, Terres Inovia, avec plusieurs partenaires (coopératives, chambres d’agriculture…), a mené une étude pour connaître les virus responsables de ces symptômes et acquérir des connaissances sur l’épidémiologie des maladies virales.

De deux à cinq virus par parcelle en moyenne

Pour cela, 85 parcelles ont été suivies, dont 37 de pois, 16 de féveroles, mais aussi 27 de lentilles et 5 de pois chiches. Neuf virus parmi les plus fréquents sur légumineuses ont été recherchés : le PEMV, le BLRV, le PSbMV, le BWYV, l’AMV, le CMV, le BYMV, le CIYVV et le PeSV.

« Les résultats obtenus montrent que tous les virus recherchés sont présents en France sur pois, féverole, lentille et/ou pois chiche, certains étant toutefois beaucoup plus fréquents que d’autres », explique Terres Inovia. Cela ne semble pas dépendre de la zone géographique, mais plutôt de l’espèce de légumineuse cultivée. Ainsi, trois virus sont détectés dans plus de la moitié des parcelles suivies, quelle que soit l’espèce considérée : le PEMV, le BLRV et le PSbMV. Le BWYV est très fréquent sur pois mais beaucoup moins sur féverole ou lentille. À l’inverse le BYMV, le ClYVV et le PeSV sont très fréquents sur féverole, mais rarement voire jamais détectés sur pois, lentille ou pois chiche. Tous ces virus sont transmis à la parcelle par les pucerons, à l’exception du PSbMV, dont le principal mode de transmission primaire est la semence. Le principal vecteur est le puceron vert du pois (A. pisum) et le puceron noir de la fève (A. fabae), mais aussi le puceron vert du pêcher (M. persicae), en cause également sur betterave.

L’impact de ces maladies vi­rales sur les rendements obtenus cette année ainsi que leur rôle dans les autres stress subis ce printemps (lire encadré) sont très variables selon les différentes légu­mineuses. Cela dépend du ou des virus en cause, du stade et de l’état physiolo­gique des plantes au mo­ment de l’infection. Il semble toutefois qu’à partir de 20 % de plantes touchées, il y a eu une incidence significative sur le rendement, d’autant plus que les symptômes apparaissent avant floraison. Une étude sur la qualité des récoltes est en cours.

Si une telle situation se représente, Terres Inovia conseille de surveiller les parcelles dès le début du cycle, en tenant compte du pourcentage de plantes avec pucerons aux stades précoces (levée 6 feuilles), avec un seuil d’intervention de 10 %. Sur pois et féverole, un pyréthrinoïde autorisé ou Karaté K peuvent être appliqués à ces stades précoces. En cas de présence simultanée de sitones et d’un seuil dépassé, il conviendra de choisir une solution également auto­risée sur sitone.

Isabelle Escoffier

Conjonction de plusieurs phénomènes

« Plusieurs facteurs peuvent expliquer la forte pression de maladies virales observée au printemps 2020 », détaille Anne Moussart, de Terres Inovia.

Les pucerons étaient présents très tôt et en nombre dans les parcelles du fait des températures douces. Ils ont souvent été difficiles à maîtriser, avec des traitements parfois trop tardifs sur des colonies déjà bien installées. Les virus ont été inoculés à des cultures souvent peu développées en raison de semis tardifs dans la majorité des régions, d’où des symptômes précoces et des dommages très marqués. Par ailleurs, le stress hydrique a certainement fragilisé les plantes et amplifié les dégâts.

À savoir

Les principaux symptômes observés sont les suivants : nanisme, jaunissement ou rougissement, mosaïque, crispations, nécroses, pourritures, taches sur graines...

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Cet article est paru dans La France Agricole

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