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Des bovins mâles et femelles bien valorisés en reproducteurs

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Sélection génétique - Des bovins mâles et femelles bien valorisés en reproducteurs
Joël Venturin a acheté ce nouveau taureau, Paludier, avec un voisin. Ils en ont partagé le prix, de 5 000 €, et à deux, ils auront plus de veaux pour l’évaluer rapidement sur sa descendance. © F. Ehrhard

Grâce à des achats de taureaux mutualisés, la SCEA Venturin a investi dans la génétique et amélioré son troupeau de limousines.

Début mars, les limousines de la SCEA Venturin à Caumont, dans l’Ariège, commencent déjà à pâturer. « Sur ces alluvions en fond de vallée, les prairies démarrent tôt, explique Joël Venturin, qui s’occupe du troupeau. La mise à l’herbe relance bien la lactation et la croissance des veaux. » Les visites ne perturbent pas plus les vaches que Paludier, le nouveau taureau acheté en copropriété. « Je me suis spécialisé dans la vente de reproducteurs et je veille à la docilité, qui est un critère important pour les acheteurs, confie l’éleveur. Je réforme systématiquement les génisses qui se révèlent un peu vives. »

Vêlages d’automne

Joël raisonne tous les accouplements en choisissant des taureaux mixtes viande. « Je tiens à conserver des vaches avec un gabarit moyen, plus faciles à entretenir », souligne-t-il. Les réformes qu’il engraisse donnent des carcasses de 480 à 500 kg. « Je ne cherche pas à aller au-delà, mais à gagner encore un peu en conformation », précise l’éleveur. La facilité de naissance et le potentiel laitier restent essentiels dans ses critères de choix. Engy RE, qui est né chez lui, l’a bien aidé à progresser sur ces qualités : « C’était un taureau très équilibré, qui a apporté de l’homogénéité au troupeau. »

« Je veux conserver des vaches avec un gabarit moyen, plus faciles à entretenir. »

Joël fait inséminer les meilleures mères en décembre. Puis, à partir de janvier, il introduit les taureaux, chacun dans un lot. En 2020-2021, Houblon, Ours et Paludier ont ainsi assuré la monte naturelle. L’éleveur groupe les vêlages sur septembre et octobre. Les vaches qui se décalent sont vendues pleines, ce qui évite d’avoir des veaux plus jeunes à gérer au milieu des autres. Les primipares vêlent à 36 mois, pour garder la même période. L’intervalle entre vêlages reste proche de 365 jours et la productivité d’un veau par vache et par an. « Ceux-ci démarrent au pré et ont déjà deux mois quand ils rentrent en stabulation, ce qui limite les problèmes sanitaires », note-t-il.

Durant l’hiver, les mères reçoivent une ration constituée d’enrubannages d’herbe, de méteil, de sorgho et de maïs épis, qui soutient bien la lactation. En complément, leurs veaux consomment en moyenne 2,5 kg d’aliment par jour. Le GMQ moyen entre 120 et 210 jours s’établit entre 1 400 et 1 500 g pour les mâles et autour de 1 250 g pour les femelles.

Trois lots au pâturage

À la mise à l’herbe, Joël sépare les mères en trois lots : celles qui ont des velles, des mâles avec un potentiel de reproducteur ou de broutard, qui pâturent ensuite séparément. Les mâles sont sevrés fin mai et les femelles fin juin, puis restent au pré à proximité de la stabulation. Les vaches, désormais à l’entretien, tournent sur les pâtures en coteau, puis redescendent en fond de vallée avant les vêlages.

Les broutards, alourdis à l’herbe sans complémentation, sont vendus en mai et juin, à des prix souvent meilleurs qu’à l’automne. Pour la reproduction, la SCEA commercialise des génisses de l’année, ainsi que des génisses pleines de 30 à 36 mois et des mâles de 10 à 12 mois. D’autres mâles sont testés en station, avant d’être mis aux enchères.

Après trente ans de sélection, Joël obtient aujourd’hui de bons prix pour ces reproducteurs, ce qui lui permet de dégager un revenu correct malgré le petit effectif. « Il y a huit ans, j’avais encore 65 mères et 20 hectares de plus. Pour conserver ces terres, il fallait les acheter. J’ai préféré réduire le nombre de vaches et alléger le travail », explique l’éleveur. Il a alors simplifié le système fourrager en abandonnant le maïs. « J’ai ainsi libéré du temps pour mieux m’occuper du troupeau et de la gestion du pâturage », apprécie-t-il.

Frédérique Ehrhard

Le contexte

À Caumont, dans l’Ariège, Joël Venturin est associé avec son fils David au sein de la SCEA Venturin.

• Ils élèvent 45 limousines sur 78 ha , répartis entre 25 ha de prés de fauche, 3 ha de méteils, suivis d’un sorgho en dérobée, et 50 ha de pâtures.

• Les femelles sont commercialisées comme reproductrices, de même qu’une partie des mâles. Les autres partent en broutards alourdis. Après engraissement, les vaches de réforme sont vendues à un chevillard local.

Une organisation collective efficace

Joël Venturin adhère au GIE Liredoc, qui regroupe des éleveurs de limousines de l’Aveyron, du Tarn, de la Lozère et de l’Ariège, et gère la station de sélection Gélioc. « Grâce à ces deux structures, nous faisons connaître notre zone d’élevage, située en dehors du berceau de la race, et nous trouvons plus de débouchés pour nos reproducteurs », souligne-t-il. Au sein de ce GIE, il fait également partie du groupe Génélim. « Nous tournons dans des élevages pour repérer de nouveaux taureaux. Les intéressés participent à leur achat et bénéficient de doses en retour », précise l’éleveur, qui varie ainsi les lignées. À plusieurs, ils achètent aussi de jeunes taureaux homozygotes pour le gène sans corne. « Je les utilise sur 10 % de mes mères, car il y a une demande pour ce type d’animaux. » Sans cette organisation, Joël n’aurait pas amélioré si vite son troupeau. « J’ai mieux vendu mes reproducteurs, ce qui m’a permis de réinvestir », dit-il.

Le récap
Les points positifs
  • Accès en groupe à des  taureaux améliorateurs.

  • Bonne valorisation des reproducteurs.

  • Un système fourrager simple à gérer.

Les points négatifs
  • Peu de marge de manœuvre en cas de printemps humide ou été sec.

  • Temps alloué à la recherche et à la vente des reproducteurs.

De bonnes ventes en 2020

Ce jeune mâle est un fils de Jérôme, un taureau homozygote pour le gêne sans corne. © F. Ehrhard
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Recul de la demande sur les pièces « arrière »

L’activité commerciale reste assez régulière sur le marché du vif, bien que les industriels observent un recul des commandes dans les pièces « arrière ». Le prix des aloyaux se replie, mais cette baisse n’est pas compensée par une plus-value sur les avants. Les abatteurs, qui ont moins de difficulté à s’approvisionner, commencent à mettre la pression sur les prix des laitières. La demande est également plus calme dans le domaine des allaitantes, mais la modestie de l’offre permet de maintenir les cours.
Votre analyse du marché - Bovins maigres

L’offre de broutards reste juste suffisante pour la demande

La modestie de l’offre continue à faciliter l’animation commerciale sur l’ensemble des marchés. Les ateliers d’engraissement se vident rapidement avec des mises en place qui ont été insuffisantes depuis un an.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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