«Sans les porcs, nous ne serions pas là où nous en sommes, car la production laitière et le foncier n’auraient pas été extensibles pour rémunérer trois UTH, explique Cyril Chataing, associé avec son père Joannes et son oncle Roland, à Sauvessanges, dans les monts du Livradois-Forez (Puy-de-Dôme). Avec une double production de lait et de porcs charcutiers, grâce à 70 vaches montbéliardes et 120 truies en système naisseur-engraisseur, les éleveurs doivent gérer deux ateliers exigeants en technicité et en travail d’astreinte. Moyennant quoi, la cohérence de leur système assure l’équilibre économique de l’exploitation.

3 000 porcs charcutiers par an

La mixité vaches laitières-porcs est une longue histoire pour la famille Chataing. C’est en 1979 que le grand-père de Cyril construit une première porcherie pour 56 truies logées sur de la paille. Du lait est aussi produit avec 15 vaches montbéliardes. L’arrivée de Roland en 1997 s’accompagne de la construction d’un bâtiment de 240 places de postsevrage et 400 d’engraissement. En 2000, la maternité est conçue pour pouvoir abriter 70 truies sur caillebotis.

 

Un nouveau cap est franchi en 2014 avec l’installation de Cyril. Moyennant un investissement global de 700 000 €, subventionné à 30 %, les éleveurs construisent un bâtiment neuf et moderne, lumineux et bien isolé, qui abrite une maternité de deux fois 14 places, équipée de cages-ascenseurs. Les 120 truies sont conduites en sept bandes avec un sevrage à 28 jours. Le bâtiment postsevrage est, quant à lui, rénové et agrandi de 90 places supplémentaires, pour un total de 360 places. Enfin, l’agrandissement du bâtiment d’engraissement en rajoute 680 autres. « Nous bénéficions aujourd’hui de 1 080 places d’engraissement. L’alimentation a été modifiée, avec un système multiphase avec pesée. La modernisation de nos bâtiments a fait progresser nos résultats techniques, soulignent Joannes et Cyril, passionnés par cette production. Les cages-ascenseurs sont efficaces, elles nous ont permis d’augmenter le nombre de porcelets sevrés par truie. Nous engraissons tous nos produits et bénéficions, de plus, de l’appellation Porc de montagne, source d’une reconnaissance et d’une plus-value. »

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Du lisier pour les prairies

Le troupeau laitier – 15 vaches à l’origine, en 1986 – a régulièrement progressé, en même temps que le foncier, pour atteindre 50 animaux en 2013. L’installation de Cyril en 2014 permet d’acquérir 27 ha supplémentaires et d’augmenter le troupeau de 20 vaches. Pour ce faire, la stabulation en logettes a été agrandie de 20 places, pour un montant de 140 000 €. L’ancienne porcherie est devenue une nurserie équipée d’un DAL pour les veaux. « Nous sommes aujourd’hui en vitesse de croisière, avec une bonne autonomie fourragère, même en année de sécheresse, souligne Roland Chataing, “l’éleveur laitier” du Gaec. Nos achats portent sur du maïs épi, du tourteau pour équilibrer la ration et du concentré de production. Grâce à l’épandage du lisier, nous n’achetons aucun engrais, à l’exception de 3 tonnes d’ammonitrate pour les céréales. Du lisier est également cédé à deux voisins éleveurs de bovins. »

 

L’organisation du travail est rigoureuse, car le rythme reste soutenu durant toute l’année. Des pics sont à gérer au moment des récoltes, si elles se cumulent avec des interventions sur les porcs (sevrage, nettoyage, départ des porcs charcutiers…). « Nous sommes tous assez polyvalents », précisent les éleveurs, qui commencent à s’interroger sur l’avenir de la structure lorsque Joannes partira à la retraite fin 2022.

Leur réflexion porte actuellement sur l’éventualité d’une modernisation du système de traite ou l’embauche d’un salarié. « Les cours du porc fluctuent fortement, ce qui nécessite une gestion au plus près, pour que les bonnes années compensent au mieux les mauvaises, soulignent-ils. Les prix du lait sont également variables. Nous devons rester constamment vigilants sur la maîtrise technique et économique de nos deux productions. » Monique Roque-Marmeys