Des progrès restent à faire. Aujourd’hui, 29,5 % des produits proposés dans les cantines françaises sont « compatibles Egalim », c’est-à-dire qu’ils sont soit biologiques, soit locaux, soit sous signe de qualité (IGP, AOP…). Ces données proviennent de Macantine.fr, une plateforme officielle mise en place par l’État pour suivre entre autres l’application de la loi Egalim dans la restauration collective, et qui recense environ 40 % des cantines françaises.

Depuis 2022, la loi Egalim complétée par la loi Climat, fixe pourtant l’objectif d’alimentation de qualité à 50 % des produits proposés dans les cantines françaises, et 20 % de produits issus de l’agriculture biologique. Or seuls 11,8 % des produits sont bio, souligne le bilan annuel de 2025 sur les « objectifs d’approvisionnement fixés à la restauration collective » du gouvernement remis au Parlement, qui s’appuie sur la plateforme Macantine.fr.

Sur les 33 797 cantines qui ont déclaré leur approvisionnement, 44 % atteignent les 20 % en produits bio, 34 % atteignent celui de 50 % de produits durables et de qualité fixés par la loi Egalim (dont le bio), et 30 % remplissent ces deux critères, respectant ainsi pleinement la loi. Bien qu’elle oblige ces seuils, la loi Egalim n’impose pas de sanctions aux cantines qui ne les respectent pas.

Ces chiffres sont légèrement en baisse par rapport à ceux annoncés par la ministre de l’Agriculture sur les premiers trimestres de 2024, mais représentent tout de même une progression. En 2023, moins de 20 % des cantines scolaires (les plus en avance sur le respect de la loi) respectaient Egalim, 30 % des cantines (pas uniquement l’enseignement) respectent désormais la loi. Les cantines déclarantes sont en effet très majoritairement issues de l’enseignement (55 %), le social et médico-social (27 %), ou dans une moindre mesure, l’administration, les entreprises, la santé (autour de 4 % chacune).

Sans surprise, c’est dans l’enseignement que les taux bio et Egalim sont le plus respectés (19 % et 38 %). En particulier dans l’école primaire (25 % de bio et 47,5 % de produits Egalim). Plus l’élève grandit, moins il a accès à de produits bio dans sa cantine (9 % de bio dans le supérieur).

Les cantines privées en retard

L’accès aux produits bio et de qualité est aussi largement différent selon le modèle économique des cantines. Dans le public, près de la moitié des cantines respecte le taux de 20 % de bio, quand seul un tiers des cantines privées n’y parviennent. La différence est moins marquée pour les produits « durables et de qualité ». Seules 36 % des cantines publiques le respectent, et presque autant (30 %) des cantines privées.

L’inégalité d’accès aux produits bio et de qualité s’observe aussi selon la géographie. Les régions du sud et de l’ouest de la France sont près des objectifs, au contraire de celles du nord-est.

(© gouvernement)

« Cette progression reste lente, démontrant un besoin de délai pour mettre en place des projets globaux de restauration durable, appuyés par un engagement fort des organisations gestionnaires », note le rapport. Ce 17 mars 2026, le député européen (S&D) Eric Sargiacomo, rappelait aux Assises du commerce équitable que la France ne recourrait pas à l’ensemble des fonds européens auxquels elle a droit (comme le fonds « school scheme » dont elle utiliserait seulement « 25 % de l’enveloppe »). Ces fonds pourraient pourtant être utilisés pour accompagner les cantines dans leur approvisionnement local et de qualité.