Le virus le plus répandu sur blé dur est celui de la mosaïque des stries en fuseaux du blé (VSFB). Une parcelle contaminée l’est pour de nombreuses années, rendant très risqué d’y implanter du blé dur, et il n’existe pas de moyen de lutte directe sur le vecteur (un pseudo-champignon) ou le virus en lui-même. Les leviers sont donc uniquement agronomiques.
L’une des seules solutions pour réduire les risques de contamination consiste à retarder les semis, les plus tardifs étant moins touchés par les mosaïques. Les semis de printemps ne sont, eux, pas affectés. Il est aussi important de nettoyer les outils du travail du sol après une parcelle contaminée, pour éviter de transmettre le virus à d’autres parcelles.
Une pluviométrie modérée nécessaire
Côté variétés, aucune de celles cultivées en France à ce jour n’est résistante à la mosaïque des stries en fuseaux. « Soldur est la seule variété porteuse de résistance, mais sa qualité et son niveau de rendement ne permettent pas de la cultiver en France », indique Clémentine Bourgeois, ingénieure agronome chez Arvalis. La recherche continue.
Les essais menés par l’institut technique sur deux sites dans le Loir-et-Cher ont par ailleurs permis de déterminer l’influence des facteurs agroclimatiques sur sa transmission et son développement. Si la pluviométrie est nécessaire, « un excès de pluie entraîne un développement du virus pendant la période du semis au début du tallage, explique Clémentine Bourgeois.
Amplitudes thermiques
De plus, des températures trop douces en automne, du semis au début du tallage, puis un gel fort en hiver, du tallage au stade 1er nœud, jouent aussi un rôle important dans le développement de la maladie. Il en est de même lorsque les amplitudes thermiques, au début du tallage, sont très marquées ».
Le VSFB se développe dans tous les types de sol. « Ses symptômes sont, entre autres, à partir du mi-tallage, des plantes chétives, un jaunissement des pointes des vieilles feuilles jusqu’à leur dessèchement.
À partir de la montaison, des tirets chlorotiques apparaissent, répartis irrégulièrement et parallèles aux nervures des feuilles, le système racinaire est souvent réduit et les plantes nanifiées », décrit l’ingénieure.