Depuis qu’il a pris sa retraite il y a deux ans, Thierry Desvaux, ancien céréalier icaunais, s’épanouit à l’Afdi, Agriculteurs français et développement international. Ses fonctions de responsable agroécologie au sein de l’association s’inscrivent dans le prolongement des engagements qu’il a exercés en tant qu’agriculteur pendant trente ans.

Ensemble, on peut changer les choses

Cet été, au Togo, il a rencontré des paysans novateurs qui modifient leurs pratiques pour s’adapter au changement climatique. « Pour lutter contre l’érosion, les inondations, les sécheresses, les vents, ils se tournent vers l’agroforesterie, développent les complémentarités avec l’élevage, associent les cultures, explique-t-il. Ils réagissent plus vite que nous, et nous avons à apprendre d’eux. Lors de mon séjour, je me suis ainsi retrouvé plusieurs fois en situation d’apprenant. C’est nouveau et salutaire alors que le développement a longtemps été ascendant, des pays du Nord vers les pays du Sud. Si chez nous, la dynamique d’action collective s’est érodée, il y a là-bas une volonté de partager les connaissances et d’avancer. Dans la République togolaise, où les assurances récolte n’existent pas, c’est une question de survie. »

« Je suis un éternel optimiste »

Porté par une curiosité et un esprit critique aiguisé en son temps par l’éducation reçue à l’école publique (« thèse, antithèse, synthèse »), Thierry Desvaux veut voir le verre à moitié plein. « Je suis et je resterai un éternel optimiste », avoue le jeune retraité actif qui aime partager ses convictions et son volontarisme avec les jeunes des établissements agricoles. « Je leur parle de mon parcours d’agriculteur à la SEP de Bord (société en participation), où nous avons testé et développé à plusieurs des pratiques d’ACS (agriculture de conservation des sols), de l’importance de préserver et de régénérer un sol vivant. Face aux challenges complexes et immenses auxquels notre monde fait face, les sources d’espoir sont colossales. Elles nécessitent l’ouverture, la reconnexion à la nature, l’humilité, ainsi qu’une approche globale. »

Grand père de cinq petits-enfants qu’il aime recevoir, avec sa femme Agnès, dans sa nouvelle maison à Monéteau, près d’Auxerre (Yonne), Thierry Desvaux en est convaincu : « Il y a toujours des réponses si tant est qu’il existe une volonté, des convictions et un accompagnement humain et financier. »