« J’ai commencé à prendre la plume en 2017. Ça n’allait pas, je me suis mis à écrire. » Dans la bouche de Dominique Garnier, les mots se bousculent, comme ils se sont mis à couler sur le papier il y a huit ans. « La première fois, j’ai écrit pendant 48 heures, j’ai fait le bilan », raconte le céréalier habitant Le Thou (Charente- Maritime), qui se souvient de la sensation du « stylo qui entraînait [sa] main ». Le catalyseur fut une brouille avec son père et son frère, agriculteurs eux aussi. Il en parle à son oncle, qui veut lire le récit. Valérie, l’épouse de Dominique, le copie alors sur ordinateur. « Mon oncle m’a dit : il faut le publier. Il s’est chargé de le mettre en page et je l’ai reçu en format poche », relate Dom, comme l’appellent ses proches.

Raconter les moissons

Le texte est quasiment autobiographique. Intitulé Quand j’étais petit, je serai agriculteur (1) et publié sous pseudonyme, le livre relate à la première personne le récit d’une vie depuis les 5 ans du narrateur, jusqu’à un suicide, dont le lecteur ne sait s’il est réel ou rêvé. « Le petit Dom [le protagoniste de l’histoire, NDLR] m’a permis d’extérioriser tous ces souvenirs qui étaient prisonniers au fond de moi », écrit l’auteur.

En 2023, l’écrivain en herbe rédige un nouvel ouvrage en un an. Les moissons en Aunis (2) raconte ce temps de récolte qu’il aime partager avec sa femme. En attente de réponse d’une maison d’édition locale, il autoédite son recueil riche en anecdotes, photos et gravures, qui porte une réflexion sur l’état et l’avenir de l’agriculture. Il puise son inspiration lors d’échanges avec des collègues, des « anciens », mais aussi sur les réseaux sociaux. Il a eu de bons retours de lecteurs, d’autres plus critiques. « J’écris pour moi avant tout. Pour me faire plaisir », pose le père de deux enfants aujourd’hui grands, se réjouissant que, si sa petite-fille de 3 ans lit un jour le livre, « elle pourra dire : c’est mon grand-père l’auteur ».

L’écriture est une force qui l’entraîne. Parfois, « je me demande d’où ça sort. Je ne l’explique pas », analyse l’homme qui adorait les dissertations en classe. Ce plaisir lui permet aussi de s’échapper. « Cette année, à cause du temps, je suis en retard sur mes semis. Quand il pleut, j’écris, c’est mieux que de regarder les comptes de la ferme. » En ce moment, sa plume court sur le sujet des commis de ferme, à l’image de Gaston, qui travaillait avec son père. « Parfois, je me mets à rire ou à pleurer, des souvenirs ressurgissent », confie le Charentais.

(1) Disponible sur autres-talents.fr (2) Disponible sur Coollibri.com