La voix est douce, posée, mais le propos est énergique. Au cours de ses plus de vingt ans de bénévolat, l’Aveyronnaise Nathalie Chauchard a montré que, comme elle le dit : « Je n’aime pas le conflit… mais j’aime mener à bout ce que je fais. » L’éleveuse de brebis laitières bio à Vézins-de- Lévézou (Aveyron), aux côtés de son mari Laurent et bientôt de son fils Robin, témoigne : « Mon engagement s’est construit pas à pas, en montant en échelon et en compétence. »
Nathalie Chauchard est aujourd’hui administratrice nationale et locale de l’association Familles rurales et de la Mutualité sociale agricole. « Le fil rouge, c’est sans doute le social, indique celle qui a travaillé quelques années au centre communal d’action sociale (CCAS) de Millau (Aveyron) et qui voulait devenir institutrice. Sans oublier la défense du rural : il faut faire en sorte qu’on ait les mêmes services que les urbains. »
Aider les agricultrices
Tout commence quand sa fille Sidonie, aujourd’hui âgée de 24 ans, rentre à l’école du village. Nathalie adhère alors à Familles rurales : « Si on veut un territoire vivant, il faut prendre les choses en main », estime-t-elle d’un ton calme. En quelques années, le groupe cantonal parvient à créer, en lien avec les collectivités locales et les financeurs tels que la MSA et la Caisse d’allocations familiales, un accueil périscolaire des enfants.
C’est d’ailleurs Familles rurales qui gère deux sites et ses trois salariées. Depuis, les services se sont diversifiés en même temps que les demandes : le centre de loisirs pendant les vacances et les mercredis et, depuis cette année, garde des collégiens en attendant que leurs parents rentrent du travail. Et aussi des activités d’éducation populaire pour tous : guitare, randonnée, yoga…
« À la Caisse centrale de la MSA, le questionnement sur la place des femmes me tient à cœur. Et notamment la création de modes de garde adaptés aux agricultrices, qui peuvent avoir des horaires atypiques. » Elle est ainsi coautrice du livre blanc de la MSA Femmes en agriculture : « Les familles, en général, ont envie d’une vie agricole qui se rapproche de celle des autres corps de métier. Si nous voulons du renouvellement de générations et par conséquent des territoires vivants, ça passe aussi par là. »
Nathalie en est sûre, l’avenir sera meilleur si les citoyennes prennent plus de responsabilités. « Il faut souvent les pousser, et on s’y attelle ! », s’exclame-t-elle. Notamment, en servant d’exemple : « Mon parcours montre que c’est possible et permet, il est vrai, de faire passer un message », répond-elle simplement. Là encore, la méthode « Chauchard » paraît claire : patience… mais ténacité.