Pour Brigitte Amourdedieu, « l’entraide est innée, et la solidarité est une des valeurs de l’agriculture ». Très tôt dans sa vie de femme, cette petite-fille d’agriculteurs a mis en œuvre ce que ses grands-parents lui ont transmis : toujours faire pour le mieux, être fière d’un travail réussi, et apporter son soutien à ceux qui traversent « une galère ».

L’agricultrice d’Ansouis (Vaucluse), depuis peu retraitée, a repris en 2024 les rênes de l’antenne régionale Sud de l’association Solaal, qui organise les dons agricoles. « Dans mes engagements, j’essaie d’être la plus efficace possible : ne pas baisser les bras et porter les dossiers jusqu’au bout. 

« Le gaspillage alimentaire ne doit pas exister »

Je ne le fais pas pour moi mais pour le monde agricole, car je ne sais pas me taire », dit-elle d’une voix assurée. Cette personne de conviction s’est longtemps impliquée dans la défense syndicale, l’emploi et la formation, avec des mandats à la MSA, Groupama et à la chambre d’agriculture du Vaucluse.

« Le gaspillage alimentaire ne doit pas exister. Jeter alors que des gens ont faim, ce n’est pas entendable », assène Brigitte. Elle se souvient encore quand des tonnes de pommes avaient été détruites en 1990, à Cavaillon, pour maintenir les cours.

« Nous vivons et travaillons en soignant nos plantes et nos animaux. On y met tout notre cœur. Alors voir notre travail perdu ou détruit, c’est terrible ! »

Pour relancer Solaal Sud, elle obtient l’an dernier les subventions des collectivités territoriales des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse, afin de salarier Charlotte, la coordinatrice. « Il nous faudrait au moins deux salariés. Solaal ne peut pas être tenue que par des bénévoles. »

Assurer la logistique des dons

De février à novembre, près de 1 500 dons de trente kilos à deux tonnes de légumes et fruits frais sont enregistrés. Leur nombre ne cesse d’augmenter.

« Ces aliments périssables sont répartis équitablement auprès de 120 associations d’aide aux plus démunis (1). Nous organisons les retraits, puis rapatrions caisses et palox, et récupérons le Cerfa délivrant à l’agriculteur une déduction fiscale. » Le réseau Sud compte 140 donateurs.

Les projets ne manquent pas pour 2026 : mieux faire connaître l’association, organiser des collectes dans les Min (marchés d’intérêt national) et sensibiliser les élèves des MFR (maisons familiales rurales) et établissements agricoles au travers de glanages solidaires.

Brigitte argumentera pour que la solidarité agricole perdure, sans perdre de vue sa propre famille, son époux Régis, ses trois filles et ses huit petits-enfants.

En savoir plus : www.solaal.org/sud/

(1) Banques alimentaires, Restos du cœur, Secours populaire, Croix rouge, Ordre de Malte, Armée du salut, Secours catholique, réseau des épiceries solidaires Andès, Linkee et des associations locales