Voilà qui méritait bien le premier prix ! Lors du concours des Trucs & Astuces 2025 organisé par la chambre d’agriculture du Tarn, les Chamayou sont montés sur la plus haute marche du podium. Ces éleveurs de brebis laitières à Montredon-­Labessonnié ont été félicités pour la création du panier à agneaux, qu’ils fixent sur le cornadis.

« On attrape l’agneau une fois et on ne le lâche plus tant qu’on ne lui a pas fait le bouclage, la désinfection du cordon, des oreilles et de la boucle, et la mise en place de l’anneau de queue, témoigne Ludovic Chamayou, le fils. On reste bien droit et l’agneau ne bouge pas, alors qu’avant, on devait le caler entre nos jambes et on se baissait cinq ou six fois par agneau. »

Un panier fait maison

Conséquence : moins de pénibilité et « un gain de temps impressionnant au moment où on en a le plus besoin. » Lui considère en effet que, lors de l’agnelage, « ce panier nous permet de gagner 4 à 5 heures par jour durant les trois ou quatre plus grosses journées, quand il y a 150 agneaux dont on doit s’occuper par jour. »

Ce, d’autant plus qu’à côté de leur invention, les Chamayou ont créé une caisse adaptée, contenant les différents désinfectants, la pince, le stylo et le téléphone portable (pour l’enregistrement des agneaux), laquelle se glisse également sur le cornadis. Au final, père et fils estiment que, grâce à cette astuce, chaque agneau ne leur nécessite que deux minutes de travail.

Barres de fer plates et rondes

Voilà pour son intérêt. Cela dit, comment a été réalisé ce panier ? Concrètement, à l’aide de barres de fer plates et de barres de fer rondes, Jean-Paul (aujourd’hui à la retraite) a réalisé deux contenants, chacun pouvant accueillir un agneau de deux jours.

Chacun d’eux mesure 5 à 6 cm de largeur pour 10 cm de hauteur. « Maintenant, on les identifie quand ils ont une semaine, j’en ai donc fait d’autres qui sont plus grands », indique le père.

Il faut dire que Jean-Paul a inventé ce panier « il y a plus de vingt ans, assure-t-il. Et, depuis, tous les stagiaires qui passent par ici repartent avec le leur. C’est clair que c’est bien pratique ! » Le tout pour environ 30 euros (sauf s’il est réalisé en matériel de récupération) et « 20 minutes par panier une fois qu’on a trouvé la bonne méthode de travail ».

Un abreuvoir de récupération

Toujours pour diminuer la pénibilité du travail, Jean-Paul Chamayou a cherché une solution pour que sa femme Marylène ne porte plus de seaux pour abreuver le troupeau de 600 mères et 180 agnelles. « Elle avait très mal au dos, il y a quelques années, il fallait faire quelque chose. »

Là, la « récup’ » a fonctionné à plein, puisque les Chamayou se servent de bidons lessiviels de 25 kg (donc 25 litres) nettoyés et recyclés. L’éleveur les a coupés en deux sur trois côtés avec une disqueuse ou une tronçonneuse puis a fondu le quatrième côté au chalumeau pour le plier en deux et lui donner la forme de la barrière.

Du travail moins pénible

Pour finir, Jean-Paul Chamayou a créé des doubles bacs, remplis avec des tuyaux qui se trouvent sur des enrouleurs dans la bergerie. « Cela nous permet, lors des agnelages, d’avoir 8 litres d’eau par casier et donc d’abreuver deux brebis par bac en les remplissant matin et soir », se félicite Ludovic Chamayou. Du travail moins pénible et moins long.

Et de souligner : « Le temps en bergerie est très difficile à faire baisser, ces astuces sont donc très efficaces. J’ai aussi beaucoup investi, alors qu’on a fait augmenter le troupeau et que mes parents sont partis à la retraite. L’enjeu, c’est un travail moins pénible… Et de passer plus de temps avec ma famille. »