La moisson se termine et les premières estimations économiques tombent. Les pertes de chiffre d’affaires sont évaluées entre 500 et 800 €/ha dans la région Centre, soit 96 000 € pour une exploitation moyenne d’Eure-et-Loir de 120 ha. Les rendements en blé plafonnent en dessous de 50 q/ha. Le blé dur, le pois fourrager et l’orge d’hiver sont également impactés avec des baisses de rendement de 30 à 80 %. Les intempéries ont également provoqué des dégâts à la production de fourrages, dans les vergers et les pépinières.

« Élevage ou culture, aucune production n’est épargnée, et ce n’est pas avec deux mille malheureux euros du fonds d’allégement des charges que l’on pourra sauver une exploitation, indique Éric Thirouin, le président de la FRSEA. Il va falloir changer de paradigme. Le soutien de l’État et la collaboration des organismes agricoles sont indispensables. »

Cas de force majeure

La profession et les services de l’État se sont mobilisés. Des cellules de crise se sont mises en place dans chaque département et le « cas de force majeure » qui permet la reconnaissance de la situation dans les déclarations Pac, a été acté pour la région. Le préfet a d’ores et déjà annoncé le report des cotisations MSA, l’exonération de la taxe foncière sur les propriétés non bâties et sa répercussion sur le fermage. L’implantation de cultures pièges à nitrates reste obligatoire, mais une adaptation du cahier des charges est possible sur simple déclaration à la DDT.

Toutes les organisations agricoles tentent de trouver des solutions. La Scael, coopérative d’Eure-et-Loir, propose par exemple un décalage de paiement des intrants de 120 jours, voire après la moisson 2017 pour les semences, et une avance de trésorerie de 100 € par tonne engagée. Le Crédit Agricole Centre-Loire met en place un prêt pour amortir la dette sur 5 ou 6 ans, avec un taux entre 1,2 et 1,4 %. D’autres annonces doivent suivre début septembre.

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