Dans un rapport publié le 15 novembre 2022, le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) évalue les stratégies mises en place pour lutter contre le réchauffement climatique.

Beaucoup d'atténuation et peu d'adaptation

Le CGAAER estime que les politiques publiques ont pour principale ambition d'atténuer l'effet du changement climatique. Il cite notamment les économies de production de gaz à effet de serre (consommation d’énergie fossile, production de GES issus de la fertilisation azotée et le méthane issu de la fermentation entérique des ruminants), ou encore la fixation du carbone atmosphérique.

Les politiques d'adaptation de l’agriculture restent, quant à elles, encore marginales et moins soutenues financièrement. En grandes cultures, la profession rappelle la nécessité d'avoir un cadre réglementaire stable et favorable à l'innovation, notamment pour les NBT. Les filières rencontrées par le CGAAER soulignent toutes les besoins en financement pour développer des outils d'analyse et d'aide à la décision, financer des infrastructures et du matériel de stockage de fourrage, rénover et construire des bâtiments adaptés, ou mobiliser la sélection génétique pour les animaux d'élevage.

Des coûts pour s'adapter

Dans son rapport, le CGAAER détaille certains coûts inhérents à l'adaptation de l'agriculture française.

Alors que 3 milliards de m³ d’eau sont prélevés par l'agriculture, la mission du CGAAER part de l’hypothèse de doubler ce volume par du stockage supplémentaire au prix moyen de 6 €/m³, soit 18 milliards d’euros d’investissement. À cela s'ajoute le coût moyen d’irrigation de 920 €/ha/an.

Le CGAAER calcule un coût de renouvellement des vergers français de l'ordre de 600 millions d'euros par an (renouvellement de 10 % des surfaces par an, soit 135 000 ha au coût de 45 000 €/ha).

Environ deux millions d'euros restent nécessaires pour finaliser les outils de diagnostic (carbone et vulnérabilité par exemple). À ce budget s'ajoute la massification du conseil stratégique "climat" estimé à 150 millions d'euros par an (50 000 diagnostics par an au coût unitaire de 3 000 €) et 39 millions d'euros pour les nouveaux installés (13 000 diagnostics à 3 000 €).