« L’urgence climatique impose le recours aux biotechnologies végétales », a insisté l’AFBV (association française des biotechnologies végétales) lors d’une conférence de presse le 11 octobre 2022 à Paris.

Pour Georges Freyssinet, son président, l’année 2022 est « un bon exemple de ce qui attend les agriculteurs dans les années à venir ». Le spectre des pathogènes et des ravageurs des cultures et leur impact devraient changer avec les variations de températures (gels tardifs, températures élevées) et l’évolution des précipitations (inondation, sécheresse).

Plantes insensibles aux variations météo

"Il faut adapter de plus en plus rapidement les variétés aux conditions climatiques pour avoir des plantes insensibles aux variations météo, insiste Georges Freyssinet. Pour la sécheresse c’est plutôt facile mais pour l’excès d’eau c’est plus compliqué. »

L'AFBV insiste : « Il est de la responsabilité de la recherche publique et privée de mettre tout en œuvre pour obtenir rapidement des solutions génétiques permettant aux plantes de se protéger elles-mêmes contre les aléas climatiques. Mais sans le recours aux nouvelles biotechnologies végétales (comme l’édition génomique), il sera plus difficile et plus long de répondre à ces nouveaux besoins.»

Cadre réglementaire

Dans cette perspective le secteur public devrait avoir un rôle dans l’amélioration des technologies et dans la recherche de la fonctionnalité des gènes impliqués dans les caractères recherchés (stress biotiques et abiotiques). Mais les sélectionneurs attendent des autorités un cadre réglementaire leur permettant de commercialiser des plantes issues des nouveaux outils d’édition génomique. « C’est déjà le cas pour leurs concurrents sur le marché mondial », alerte l’association.

Le résultat de l’analyse d’impact de la Commission européenne sur les NBT (nouvelles techniques d'édition du génome) est attendu pour le printemps 2023. Avec si ça le justifie, une proposition de règlement pour adapter la législation concernant certaines plantes produites avec les NBT. À ce jour, ces nouvelles techniques sont couvertes par les mêmes règles que les OGM.

Aller vite

La proposition devra ensuite être examinée par le Conseil européen et le Parlement européen, lequel doit être renouvelé en 2024. « Si on ne va pas plus vite, à savoir si on n'a pas une proposition au premier trimestre 2023, il n’y aura pas de réglementation pour les plantes éditées avant ces élections européennes et on aura des difficultés à les développer », alerte Georges Freyssinet. Or selon lui, « pour que la stratégie de Bruxelles de la Ferme à l’assiette réussisse, il faut de l’amélioration végétale ». Il note toutefois une évolution de l’opinion publique française et européenne, plus favorable qu’il y a quelques années à ces nouvelles techniques.