Devant les députés de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, le 21 septembre 2022, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a ouvert la porte à une révision de risque de perte de la stratégie « De la ferme à la fourchette » du pacte vert.

Cette dernière, adoptée à la fin de 2021, fixe notamment une réduction de 50% des pesticides et des engrais minéraux d’ici à 2030 et appelle à augmenter la part en agriculture biologique.

L'arme alimentaire

« La stratégie De la ferme à la fourchette a été adoptée 6 mois avant le début de la guerre en Ukraine », a rappelé Marc Fesneau, tout en s'appuyant sur des études qui anticipent une « tendance de –15% de la production européenne ».

Trop risqué, selon le ministre : « Il faut en débattre au niveau européen, car on ne peut pas passer ces événements sans sérieusement poser la question de la stratégie alimentaire. C'est devenu une arme. Nous devons être en capacité à tout moment d'accéder à l'alimentation de tous nos concitoyens et hors UE. »

De quoi relancer les débats enflammés autour des conséquences de la mise en place de cette stratégie du pacte vert...

Passer cap énergétique

Les deux heures de questions et réponses avec la commission ont permis de balayer de très nombreux sujets : renouvellement des générations, transmission des exploitations, accès au foncier, influenza aviaire, chèque alimentation durable, etc.

Les députés ont également interpellé le ministre sur la chute dramatique du nombre d’élevages (« 650 000 têtes perdues en quatre ans », a alerte le député socialiste Dominique Potier), sur l’envolée du prix des engrais et des coûts de l’énergie.

Un sujet brûlant sur lequel le gouvernement devra agir. « Les responsables des endiviers que j’ai rencontrés cette semaine auront des factures d’énergie qui passeront de 80 000 € à 800 000 €. Et le surcoût ne se réglera pas par les prix, etc., a reconnu le ministre. Nous serons au rendez-vous pour faire passer le cap énergétique. Aussi bien aux endiviers, qu'aux élevages laitiers ou encore la transformation agroalimentaire. »

D’ailleurs, sur l’énergie, l’agriculture doit prendre toute sa place, a encouragé Marc Fesneau, via « le photovoltaïsme, la méthanisation et la biomasse ».