« Nous sommes en train d’ajuster les réglementations pour que nos agriculteurs soient libres d’innover, prospérer et croître ! Oh vous êtes heureux d’avoir voté pour moi, vous avez de la chance que je vous ai donné ce privilège ! »

En 2018, Trump faisait cette déclaration devant les membres du plus grand syndicat agricole du pays. C’était l’une de ces interventions qui témoigne à quel point ce pur New-Yorkais se sent à l’aise lorsqu’il s’adresse à l’Amérique rurale.

Ces quatre dernières années n’ont pourtant pas été faciles pour le secteur agricole et Trump n’y est pas étranger. La guerre commerciale lancée contre la Chine a eu des répercussions sur des producteurs placés, malgré eux, en première ligne. La gestion délicate de la crise du Covid-19 a ensuite chahuté les filières et fragilisé les producteurs.

À quelques semaines du verdict, le dernier sondage de la revue Farm Future donne toutefois des intentions de vote chez les exploitants à 75 % en faveur de l’actuel président. Pour expliquer ce phénomène, il ne faut d’abord pas exclure la crainte de certains farmers de voir arriver au pouvoir des démocrates potentiellement moins conciliants avec eux sur le plan environnemental et fiscal. Ensuite, le soutien financier de l’administration Trump a été significatif. Les rétorsions commerciales des trois dernières années ont ainsi été atténuées par des versements d’aides massifs. Le programme d’achat de denrées alimentaires pour soutenir les filières les plus touchées par la pandémie a lui aussi été important.

L’opposition redoute d’ailleurs que l’arme des aides fédérales soit utilisée à des fins électorales, ce que le gouvernement réfute. Le secrétaire d’État à l’Agriculture, Sonny Perdue, a pourtant laissé échapper au mois d’août une promesse équivoque lors d’un discours en Caroline du Nord, en parlant des aides versées par l’USDA (1) : « C’est ce qui continuera de se produire quatre ans de plus si l’Amérique vote pour Donald J. Trump. »

(1) Département de l’Agriculture de l’État fédéral.