Le 7 janvier 2026, la Commission européenne a ouvert la porte à une suspension rétroactive du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) à compter du 1er janvier 2026, et à une suspension de certains droits de douane. Ce qui n’a pas tardé de faire réagir syndicats agricoles, importateurs d’engrais et représentants des industries européennes.

Demande de garantie pour les importateurs

Il s’agit d’une « étape décisive pour garantir la disponibilité et l’accessibilité des engrais », estiment la FNSEA, ses associations spécialisées en grandes cultures (1) et l’Association française de commercialisation et de mélanges d’engrais (Afcome).

Dans un communiqué commun diffusé le 8 janvier, ils appellent l’État « à garantir le risque financier de non-adoption de la suspension auprès des importateurs ». Ils assurent qu’avec cette garantie, « les importateurs de l’Afcome sont prêts à s’engager moralement sur les volumes qu’ils importent et ne pas intégrer les coûts du MACF dans leurs facturations pendant cette période d’incertitude. »

Des annonces qui « instaurent de l’instabilité »

L’Unifa, l’Union des industries de la fertilisation, dénonce pour sa part des annonces qui « instaurent de l’instabilité qui met en péril les outils industriels », et cela « sans répondre aux problèmes de fond des agriculteurs ». Le système de « taxe carbone » mis en place par l’Union européenne a pour objectif de réduire les distorsions de concurrence qui s’appliquent à ces industries vis-à-vis des origines extra-européennes, qui ne sont pas soumises aux mêmes exigences sur le plan des émissions de gaz à effet de serre.

Les producteurs d’engrais estiment ainsi, dans un communiqué du 9 janvier, que remettre en cause le MACF fragiliserait les capacités de production en France et en Europe. Et cela « reviendrait à accroître la dépendance aux importations et à exposer les agriculteurs à des intrants plus carbonés aux prix beaucoup plus volatils », appuient-ils.

(1) Syndicats représentant les producteurs de blé (AGPB), de maïs (AGPM), d’oléoprotéagineux (Fop), de betteraves (CGB) et de pommes de terre (UNPT).