Le nouveau cadre européen relatif à la production d’œufs biologiques entrera en vigueur le 1er janvier 2022. « Son application, prévue au 1er janvier 2021, a été décalée en raison de la situation liée à la Covid-19, pour laisser le temps aux éleveurs de se préparer », explique Marie Guyot, directrice du Synalaf (1). Au niveau français, un guide de lecture a été rédigé par l’Inao (2).

Des périodes de transition négociées

Pour satisfaire cette nouvelle réglementation, les éleveurs de poulettes devront convertir leur exploitation en agriculture biologique. Des critères de production ont été définis : un plafond de 10 000 poulettes par compartiment (pas de limite de taille de bâtiment, possibilité de plusieurs compartiments dans un bâtiment), une densité intérieure maximale de 21 kg/m² de surface utilisable, l’obligation de perchoirs ou plateformes (10 cm/poulette ou superficie minimale de 100 cm² /poulette).

Et surtout, un espace de plein air d’au moins 1 m² par poulette dès le plus jeune âge et pendant au moins un tiers de la vie de la poulette. « Comme les modifications sont importantes, des périodes de transition ont été négociées au niveau européen », indique Marie Guyot.

Les éleveurs ont un délai de huit ans pour appliquer la surface de parcours, la densité et la surface minimale intérieure. Il est réduit à trois ans pour répondre aux exigences sur le perchage. « Ces délais sont valables uniquement pour les bâtiments de poulettes déjà existants en bio, donc certifiés avant le 1er janvier 2022 avec un accès au plein air », prévient la directrice du Synalaf.

Période transitoire sous conditions

Pour avoir le droit à cette période de transition, des règles ont été définies à l’échelle française. Il est nécessaire de disposer d’un parcours d’une surface équivalente à l’espace intérieur du bâtiment, ou a minima d’un mètre d’espace en plein air sur toute la longueur du bâtiment (ou une surface équivalente) et de veiller à son accessibilité. La densité de transition est fixée à 24 kg/m² de surface utilisable.

D’autres dispositions sont également exigées pendant la période transitoire : le recours à un organisme certificateur, une alimentation bio (95 % au minimum), la limitation des traitements vétérinaires, le lien au sol, la longueur des trappes entre bâtiment et parcours. La durée de conversion des parcours est d’un an.

L’autre changement majeur, induit par la réglementation européenne, concernera l’alimentation des poules pondeuses, qui devra être réalisée à partir de matières premières 100 % bio. Ces contraintes auront un impact économique, avec des charges supplémentaires pour l’élevage.

Selon l’Institut technique de l’aviculture, le surcoût de production de l’œuf bio est estimé à au moins 15 %. Et 45 % de ce surcoût est lié à une moindre productivité des poules en raison du passage à un aliment 100 % bio, 40 % à un coût alimentaire supérieur et 15 % à l’augmentation du prix de revient de la poulette.

Isabelle Lejas

(1) Syndicat national des labels avicoles de France.

(2) L’Institut national de l’origine et de la qualité.

Des évolutions importantes sur les poulaillers
Réglementation actuelleNouvelle réglementation
Bâtiment• 3 000 poules par bâtiment.• 3 000 poules par compartiment.
• Pas de limite de taille par exploitation.• Pas de limite de taille par exploitation.
• Compartiments séparés par cloisons, filets, grillages.
Véranda• Pas de contraintes.• Ne compte plus dans la surface de bâtiment à partir de 2025.
• Annexe extérieure couverte et isolée prise en compte dans le calcul de la densité, si elle est accessible en permanence, et longueurs de trappes respectées.
Volière• Pas de contraintes.• 3 niveaux maximum, sol compris à partir de 2030.
• Niveau supérieur équipé d’un système d’évacuation des effluents.
• Accès facile au parcours.
Source : Synalaf