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Sélectionner des reproducteurs bovins viande dociles

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Effectif. 900 000 femelles et 5 400 taureaux sont déjà indexés COMPsev dans les neuf races qui en bénéficient. © S. LEITENBERGER

Si l’agressivité des animaux est très souvent rédhibitoire pour les éleveurs, encore faut-il la repérer au plus tôt, pour limiter les risques d’accident.

Les animaux sont la cause directe d’un accident sur cinq entraînant un arrêt de travail (1). « Avec l’agrandissement des troupeaux, les contacts entre animaux et éleveurs tendent à être moins fréquents et plus distanciés, constate Vincent Poupin, responsable technique de Bovins croissance (BC) Sèvres Vendée conseils. Il est d’autant plus nécessaire de travailler avec des animaux dociles et de savoir repérer rapidement les animaux à risque. »

Les conseillers de BC Sèvres Vendée profitent du pointage des génisses, à 7-8 mois, pour noter leur docilité sur une échelle de 1 à 7 et alerter l’éleveur d’éventuels comportements anormaux. Cette note servira au calcul de l’index COMPsev (voir onglet). « Le pointage se pratique à un moment clé de la vie de l’animal et dans des conditions particulières, propres à révéler certains défauts », explique Vincent Poupin. La génisse, tout juste séparée de sa mère, peut faire preuve de davantage de nervosité. En outre, le pointage s’effectue dans un espace restreint, limitant les possibilités de fuite. « Dans ces conditions, on teste vraiment l’animal. Le regard extérieur du technicien est également un atout. »

Tester soi-même

Pour les éleveurs ne pratiquant pas le pointage, Vincent Poupin conseille le test suivant : au moment de choisir les génisses de renouvellement, après le sevrage, rassembler quelques animaux dans une case. Entrer calmement dans cette case, et attendre une quinzaine de minutes que les animaux s’apaisent. « La première réaction est la fuite, mais au bout de quelques minutes, comme les bovins sont naturellement curieux, ils ont tendance à revenir vers l’éleveur. À ce moment-là, il faut s’approcher des génisses à 2-3 mètres, sans que celles-ci n’aient de réaction brutale. »

Le vêlage est la deuxième période où le caractère d’une vache se dévoile. « Elle peut être très maternelle et défendre son veau, mais si son agressivité s’étend au-delà de 3-4 jours, il faut se poser la question de son devenir. Une mère aux comportements anormaux représente un danger en elle-même mais risque aussi de transmettre ce type d’attitude à sa progéniture. Quand une lignée est mauvaise, il est nécessaire de l’arrêter. »

D’autres événements peuvent modifier le comportement des animaux, comme le passage d’un animal sauvage au milieu du troupeau. « Si cet incident se produit quand les bovins ont moins de deux ans, il y a des chances que certains restent traumatisés, et ne soient plus manipulables en toute sécurité. Ils seront facilement repérables dans une parcelle, sans qu’il soit nécessaire de les rentrer en bâtiment. »

Valérie Scarlakens

(1) Données MSA 2016, concernant les accidents des non-salariés et des chefs d’exploitation agricole.

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« Les taureaux semblent prendre du caractère avec le temps, remarque Vincent Poupin. Un taureau qui commence à faire le malin ne va pas s’arrêter. Il faut s’en débarrasser. » Il peut être techniquement compliqué de réformer un mâle en pleine période de saillie. « Dans ce cas, il faut s’en défaire aussitôt la saison terminée. »

De façon générale, il est indispensable de garder à l’esprit que même le plus docile des taureaux peut attaquer. « Un animal qui gratte en présence de l’homme ou qui s’oppose à lui doit alerter. Avec les taureaux, il faut toujours avoir un temps d’avance. »

© Jerome CHABANNE
Index Iboval

Depuis 2016, deux index relatifs à la docilité ont été mis en place :

COMPsev mesure le comportement lors du pointage. Il renseigne sur l’attitude de l’animal au sein d’un lot, lors de la conduite du troupeau.

REACsev mesure la réactivité lors de la pesée. Il évalue l’aptitude d’un animal à se laisser manipuler. « Les données sont moins nombreuses pour cet index, remarque Philippe Boulesteix, de l’Institut de l’élevage. C’est dommage, car les deux index apprécient deux facettes différentes du comportement du bovin. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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