Depuis janvier, l’indexation en ferme des bovins allaitants (Iboval) sur les aptitudes au sevrage intègre deux nouveaux index relatifs à la docilité des reproducteurs en élevage. Il s’agit du comportement lors du pointage (COMPsev) et de la réactivité lors de la pesée (REACsev). Ces données sont collectées entre 4 et 10 mois. Neuf races sont concernées : l’aubrac, la bazadaise, la blonde d’Aquitaine, la charolaise, la gasconne, la limousine, la parthenaise, la rouge des prés et la salers.

Plus de 300 techniciens de Bovins croissance ont reçu une formation spécifique mise en place par l’Institut de l’élevage (Idele) et l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Les premières collectes de données ont débuté fin 2011.

Sécuriser l’éleveur

« Plusieurs études menées par l’Inra confirment l’intérêt de ces caractères en sélection, explique Philippe Boulesteix, en charge de la diffusion des index Iboval à l’Idele. Les animaux dociles sont souvent ceux ayant les meilleures performances bouchères, et de bonnes qualités maternelles. »

La corrélation entre ces deux comportements au sevrage en ferme est limitée. Leur évaluation conduit à une valeur par caractère. Un niveau d’index supérieur à 100 signifie, pour REACsev, que l’animal a fait peu de mouvements, et qu’il a par conséquent une bonne aptitude à la manipulation. Pour COMPsev, un niveau supérieur à 100 est la conséquence d’un animal non perturbé par la présence de l’homme, renforçant la sécurité de ce dernier. « Outre la note, le technicien enregistre également des données d’accompagnement telles que la distance entre l’animal et le pointeur, la situation au moment de la mesure, à savoir si l’animal est au pré ou en bâtiment, et la présence des mères », ajoute Philippe Boulesteix.

Ces nouveaux index Iboval, disponibles pour les neuf races indexées, concernent dès cette première publication plus de 300 000 femelles et 2 000 taureaux. « Avec l’agrandissement des troupeaux et la diminution de la main-d’œuvre, les index COMPsev et REACsev sont de nouveaux outils d’aide à la décision utiles pour les éleveurs, estime Philippe Boulesteix. Leur intérêt peut encore s’accroître avec une extension plus large de la collecte. Cette dernière ne fait pas l’objet d’une obligation de mise en œuvre dans le cadre du contrôle des performances. Nous encourageons son développement dans un maximum de troupeaux. L’amélioration des conditions de travail des éleveurs en dépend. »

Hélène Chaligne
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