"À partir de 2023, l’élevage et la filière ne pourront plus jamais ressembler à ce qu’on a connu", estime Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine, lors d'une conférence de presse ce mercredi 25 janvier 2023, à Paris.

À quelques jours de son assemblée générale organisée les 1er et 2 février prochains à Metz (Moselle), le syndicat considère 2022 comme "une année de rupture", tant le recul du cheptel allaitant a été important. Lors de ce rendez-vous, il entend donc se projeter sur un horizon plus long, en associant à ses travaux des collègues européens.

Des chiffres alarmants

"On avait ce sentiment que le phénomène [de baisse des effectifs] allait nous échapper", confie Bruno Dufayet, président de la FNB. La décapitalisation est bien présente et les chiffres le confirment. Depuis 2016, les cheptels diminuent de 3 % chaque année, soit une perte de 500 000 vaches allaitantes : "On a lancé l’alarme très tôt et on avait l’impression que personne ne nous écoutait."

Les membres de la FNB partagent la crainte d’un arrêt de l’élevage allaitant dans les territoires où d’autres productions peuvent prendre place : "Si on n’arrive pas à anticiper les choses, on pourra voir de vraies zones entières où l’élevage va disparaître. Les conséquences seront dramatiques sur les marchés et les territoires, sans parler de la biodiversité."

46 % des vaches allaitantes sont détenues par des éleveurs de plus de 55 ans. "Il faut une vraie réflexion sur l’accompagnement du renouvellement des générations", précise Cédric Mandin, secrétaire général de la FNB.

Besoin de motiver les jeunes

Bruno Dufayet a insisté sur le besoin de définir clairement un modèle d’élevage, pour la France et plus globalement pour l’Europe : "Tout le monde demande un élevage durable mais personne ne le définit réellement. Une fois que le modèle est écrit, on pourra construire les élevages et guider les nouvelles générations." Selon les membres du syndicat, "il est indispensable que les politiques donnent un cap pour l’élevage, et les actions suivront."

La contractualisation a inévitablement été abordée.  "On ne pourra jamais motiver des jeunes à s’installer sans cet outil", assure le président de la FNB. "Lorsque l'on aura un modèle précis, la contractualisation permettra de le mettre en place et de donner une image positive pour favoriser les installations", précise Cédric Mandin. Concernant la revalorisation des élevages à taille humaine, la FNB insiste :  "C’est un combat que l’on mène depuis quelques années et que l'on ne va pas lâcher."