Éleveuses de canards prêts à gaver et d’oies prêtes à engraisser (PAE) à Montaut dans les Landes, Chantal et Lydie Brèthes ont déjà livré leur dernière bande de l’année et achevé le nettoyage des bâtiments à la fin de novembre. L’exploitation restera sans activité pendant 7 semaines jusqu’à la livraison de 1 000 oisons vers le 16 janvier 2023. Puis, si tout se passe bien, de 3 700 canetons en février.

Les deux associées sont concernées par le plan de dédensification volontaire, le plan Adour, entrepris par les producteurs de foie gras et de volailles du Sud-Ouest, leurs OPA et leurs interprofessions (Anvol et Cifog). Une situation inédite pour tenter de limiter la diffusion du virus de l’influenza aviaire cet hiver tout en préservant la production pour les fêtes de fin d’année.

Mener au bout

L’EARL Saint-Pierre des sœurs Brèthes a été touchée par la grippe aviaire et dépeuplée à quatre reprises. Auparavant, elle produisait environ 18 700 canards et 4 000 oies par an, et disposait d'un atelier de 450 oies reproductrices. En 2023, le prévisionnel passe à 15 000 canards par an au maximum et environ 3 500 oies prêtes à engraisser. Avec des bâtiments amortis et le soutien de la coopérative Maïsadour, Chantal Brèthes peut supporter cette perte de production, y voyant "une décision nécessaire pour assainir notre territoire avec l’espoir de mener au bout les animaux élevés".

La présidente du Palso, l’association de défense du foie gras du Sud-Ouest, se sent même "presque soulagée" à l’idée de passer une fin d’année "sans la boule au ventre à chaque entrée dans l’élevage. L’État a reconnu l’intérêt de notre plan de dédensification et va proposer un dispositif d’indemnisation pour les éleveurs, détaille-t-elle. Mais il ne faut pas oublier les intermédiaires et les entreprises de l'aval." Un cas de grippe aviaire a été confirmé le 25 novembre chez un particulier dans les Landes et chacun s'inquiète de l'évolution de l'épidémie.