Le sorgho peut présenter une forte toxicité pour les ruminants. Un éleveur italien aurait perdu début août une cinquantaine d’animaux en quelques heures. « Lorsque les feuilles de la plante sont consommées jeunes (feuilles en croissance primaire ou repousses), leur hydrolyse libère de l’acide cyanhydrique dans la panse », explique Gilbert Gault, vétérinaire toxicologue au CNITV (1) Lyon de VetAgro Sup.

 

« C’est un puissant poison, qui peut provoquer la mort de l’animal dans un délai fulgurant (parfois moins de 30 minutes après le début des symptômes), poursuit-il. Avant la floraison, les feuilles produisent naturellement la dhurrine qui libère le cyanure lors de la digestion. Le sorgho met en place ce mécanisme, peut être de défense avant la floraison. Mieux vaut donc éviter de faire pâturer cette plante lorsqu’elle est jeune. »

De nombreuses questions à éclaircir

Les chercheurs s’interrogent encore beaucoup sur le phénomène. Les concentrations en durrhine sont-elles variables selon les variétés et le mode d’exploitation ? La sécheresse joue-t-elle un rôle dans la présence de ce poison ? Un programme de recherche pourrait voir le jour prochainement pour étudier plus en détail ces questions.

 

La plante bien connue pour ses qualités de résistance à la sécheresse peut apporter une aide précieuse alors que beaucoup de prairies sont desséchées. Pour ceux qui ont réussi à le semer fin juin ou début juillet après la récolte d’un méteil ou d’une céréale, il est prudent d’attendre que le début de la floraison soit enclenché.

 

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(1) Centre national d’informations toxicologiques vétérinaires.

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