Avec une baisse totale de 9,8 % sur un an en mai 2022, le cheptel porcin allemand est « au plus bas depuis plus de 30 ans », relève le Marché du porc breton, dans une note de conjoncture publiée le 8 juillet 2022. Depuis deux ans, le repli des effectifs semble s’accélérer outre-Rhin, notamment sous l’effet de la crise du Covid-19, et des conséquences de la présence de la peste porcine africaine dans le pays.

Des baisses inégales selon les Länder

D’après l’Institut du porc (Ifip), depuis 2010, l’Allemagne a perdu plus de 750 000 truies, avec de fortes disparités selon les Länder. Parmi les deux régions les plus productrices, le recul du nombre de truies a chuté de 14 % en Basse-Saxe, contre « seulement » 4 % en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

 

« Le nombre d’élevages a mieux résisté en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où la moitié d’entre eux s’est spécialisée dans l’engraissement, explique Elisa Husson, ingénieure d’études économiques à l’Ifip. En Basse-Saxe, les ateliers sont davantage tournés vers des systèmes naisseur-engraisseur, plus gourmands en main-d’œuvre. Ils sont également plus dépendants des marchés mondiaux. En un an, la région a perdu 550 exploitations porcines. »

Moins d’animaux importés

Au total, 1 900 élevages porcins allemands ont ainsi fermé leur porte l’an passé. Il en reste 17 900 en activité, pour un effectif moyen de 1 248 porcs, contre 929 il y a dix ans. Les effets de cette érosion sont aussi notables sur les flux d’animaux vifs. Entre 2017 et 2021, les importations de porcelets ont reculé de 8,4 %, et celles de porcs charcutiers de 64,5 %.

 

Autant de paramètres qui font chuter les abattages. En cumul de janvier à avril 2022, ils s’établissent à 15,8 millions de têtes, contre 17,7 millions sur la même période en 2021, soit 10,5 % de moins. « En Allemagne comme au Danemark ou aux Pays-Bas, les abattoirs encouragent la contractualisation pour sécuriser les volumes et faire tourner leurs outils », note Elisa Husson.