Où en sont les préparatifs du prochain Space ?

À date, le salon est lancé, il aura bien lieu. Tous les moyens seront mis en œuvre pour que cette quarantième édition soit réussie. Les inscriptions sont lancées depuis le 2 mars. Nous avons eu un peu de retard au départ à cause d’un changement de logiciel et de petits couacs qui se résolvent au fur et à mesure. Aujourd’hui, le 12 mars, nous arrivons à plus de 350 inscriptions (1).

Cette édition revêt une importance particulière car ce sera le premier salon majeur en France, avec le retour des bovins, si les conditions sanitaires le permettent, évidemment. Nous avons organisé plusieurs réunions sur le dossier sanitaire, pour que le maximum de races bovines soit représenté lors de cette quarantième édition. Et je voudrais insister pour que les éleveurs vaccinent contre la FCO (2) et la MHE (3). C’est la vaccination qui nous permettra de sortir de cette période compliquée.

Entre la décapitalisation et le renouvellement des générations, êtes-vous inquiets pour la capacité des éleveurs à investir ?

Même s’il y a des soubresauts géopolitiques, nous sommes dans une période d’opportunité pour l’élevage de notre pays. Et je reste convaincu que l’État a pris conscience de l’intérêt de la souveraineté alimentaire pour notre pays. Les gouvernements qui se succéderont dans les vingt ans à venir devront le prendre en compte, beaucoup plus qu’ils ne l’ont fait ces vingt dernières années. C’est une évidence !

Il existe une vraie motivation des jeunes à s’installer. Il faut que les pouvoirs publics s’engagent à les aider avec un plan qui permette de répondre aux enjeux de conditions de travail, d’environnement et de revenu. Je suis persuadé que nous sommes en capacité d’avoir une agriculture forte demain dans notre pays. Ce sera d’utilité publique et sociale pour l’ensemble de nos territoires.

Didier Lucas est président du Space.
Didier Lucas est président du Space.
Les tensions géopolitiques actuelles vous inquiètent-elles pour la venue de visiteurs internationaux ?

Nous gardons les mêmes ambitions. Pour notre région et pour la France, avoir des entreprises présentes à l’international est un véritable enjeu, y compris pour les agriculteurs. Avoir des entreprises sur notre territoire qui se développent à l’étranger permet de conserver une compétitivité pour notre secteur.

En tant que nouveau président du salon, comment souhaitez-vous le voir évoluer ?

En tant que président, je suis responsable des orientations du Space et de ses finances comme un chef d’entreprise, comme un éleveur. Pendant l’édition de 2025, j’étais là en position d’observateur. À l’issue, nous avons lancé un audit afin de réfléchir collectivement, aux évolutions possibles. Ce que je veux, c’est que chaque agriculteur venant au Space s’y retrouve, que les exposants puissent y faire du commerce, et que nous développions notre agriculture adaptée et innovante dans les meilleures conditions possibles.

(1) Sur un total de 1 230 inscriptions en comptant les coexposants pour une édition habituelle. (2) Fièvre catarrhale ovine. (3) Maladie hémorragique épizootique.