En Congrès les 9 et 10 décembre 2021 à Nantes, les producteurs de Légumes de France (association spécialisée de la FNSEA) ont interpellé le ministre de l’Agriculture, intervenu en visioconférence en fin de congrès, sur leurs difficultés à trouver des alternatives aux emballages plastiques et renouveler le matériel de conditionnement.

 

« On est monté au créneau sur la loi Agec, confie Cyril Pogu, vice-président de Légumes de France. Pourquoi notre filière est-elle choisie pour appliquer cette loi, sans concertation ? Elle représente moins de 1,5 % des emballages plastiques utilisés dans le secteur alimentaire. »

L’élastique n’est pas le seul sujet

La loi antigaspillage pour une économie circulaire (Agec) prévoit en effet l’interdiction, à partir du 1er janvier 2022, de commercialiser les fruits et légumes frais non transformés emballés dans du plastique (et vendus en conditionnement de moins de 1,5 kg), cultivés et vendus en France.

 

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Le ministre de l’Agriculture a annoncé une tolérance sur les élastiques des bottes de radis, plantes aromatiques et carottes fanes. Une « bonne nouvelle » applaudie par les producteurs qui étaient « en peine pour le 1er janvier 2022 », rapporte Cyril Pogu. « L’élastique est cependant loin d’être le premier sujet », ajoute-il.

La fin des radis équeutés ?

Un exemple est le radis équeuté. « Le radis équeuté de première gamme (produit brut non transformé) en sachet ne sera plus toléré, mais on pourra retrouver celui de quatrième gamme (produit frais prêt à l’emploi) qui est exclu de la loi Agec. La différence entre les deux étant qu’il faut rincer la première gamme avant de croquer », illustre Cyril Pogu.

 

Le vice-président de la fédération dénonce le manque d’alternatives sur les produits humides. « Le consommateur n’achètera pas un sachet en papier qui ne lui permet pas de voir le produit. Et les échanges gazeux avec ce type d’emballage font que le radis se déshydrate plus qu’avec du plastique. » Faute de solutions, cette petite filière de première gamme pourrait disparaître. « Il nous faut des réponses très vite, insiste-il. Cette distorsion qu’on se crée en interne est inadmissible. »