Le décret encadrant l’interdiction des emballages plastiques autour des fruits et légumes frais non transformés a été publié le 12 octobre 2021. À partir du 1er janvier 2022, les fruits et légumes frais non transformés emballés dans du plastique ne pourront plus être commercialisés, avec une interdiction progressive pour certains cas particuliers (fruits et légumes présentant un risque important de détérioration lors de leur vente en vrac).

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Un délai intenable pour la filière des pommes de terre vendues sur le marché du frais, estime le CNIPT, Comité national interprofessionnel de la pomme de terre. « Le décret impose une application totale au 1er janvier 2022 alors que les travaux établissaient les délais supérieurs et nécessaires pour basculer par paliers (80 % puis 100 %) les emballages en “non-plastiques” dans les rayons », déplore le Comité dans un communiqué du 14 octobre 2021.

Délai nécessaire jusqu’au 15 août 2022

« L’autorisation d’écouler les emballages déjà commandés et stockés pendant six mois après l’entrée en vigueur est une décision de justice économique qui ne permettra pas de résoudre les situations dramatiques auxquelles la filière va être confrontée », poursuit le CNIPT.

Rappelant les efforts déjà engagés en matière de recherche et de développement d’emballages alternatifs, la filière demande la possibilité d’écouler ses produits déjà récoltés jusqu’à la fin de la campagne actuelle, au 15 août 2022, et les emballages encore en stock.

Multiples contraintes

Selon l’interprofession, l’État ne tient pas compte des contraintes de la filière : investissement, coûts, disponibilités des matières premières (papier, carton, bois…), retards pris par les constructeurs et installateurs de machines d’emballage pour faire face aux demandes précipitées des filières des fruits, des légumes et des pommes de terre.

« Les consommateurs recherchent des pommes de terre saines et goûteuses, commercialisées dans des emballages adaptés à leur mode vie, faciles à transporter, dans lesquels les produits sont bien visibles pour s’assurer de leur intégrité, rapidement identifiables en termes d’aptitude culinaire, et ajustés à leur budget. »CNIPT

« Le gouvernement, par la voix de Julien Denormandie, affirmait sur d’autres sujets : “Pas d’interdiction sans alternative.” Or, la filière, n’a pas d’alternative aux emballages contenant du plastique dans les délais prévus par la loi pour un certain nombre de produits, souligne le CNIPT. Elle se trouve donc dans une impasse : comment pourra-t-elle répondre aux exigences de la loi pour 100 % des unités de vente de moins de 1,5 kg au 1er janvier prochain ? »

Justine Papin

(1) Comité national interprofessionnel de la pomme de terre