En juillet et en août, les cours de la poire sont inférieurs à ceux de l'année dernière à la même période. Ils ont même tendance à poursuivre cette direction parce que les poires françaises sont arrivées sur les étals avec une bonne quinzaine de jours d'avance en août, se trouvant ainsi confrontées aux autres fruits d'été. La persistance des températures élevées n'encourage pas les consommateurs à basculer leurs achats vers les fruits d'automne. « La demande est pour l’heure peu active en poires, malgré la teneur élevée en sucres des fruits », résume Agreste, le service de la statistique du ministère de l'Agriculture, dans sa note d'analyse de début de récolte.

Retour à la normale

Au 1er septembre 2022, la production nationale est estimée à 150 000 tonnes, à partir des échantillons régionaux. Elle retrouverait ainsi son potentiel national en doublant la production de 2021, fortement affectée par les épisodes de gel printanier. Avec 5900 hectares, les surfaces continuent leur progression de 1% par rapport à l'année dernière. Première zone de production (26 % en 2021), la Région Paca affiche des calibres élevés pour les poires d'été mais s'inquiète de ceux des poires d'automne, qui seront sans doute affectés par les sécheresses successives. Le Languedoc et le Roussillon sont dans le même cas. Dans la vallée du Rhône, les observateurs estiment que la réduction des calibres n'empêchera pas la production d'atteindre son maximum. Enfin, pour la production de williams, c'est-à-dire dans le Centre-Val de Loire et les Pays de la Loire, les rendements retrouveraient leurs niveaux habituels à l'exception des zones touchées par le gel et la chute des fruits en 2022.

Doublement de la production italienne

Au niveau européen, les prévisions de Prognofruits, conférence internationale sur le marché des fruits, s'orientent vers une hausse de 20 % de la production. Cette hausse est surtout le fait de l'Italie, premier producteur d'Europe, qui devrait doubler sa production sur un an. En revanche, le Portugal et l'Espagne sont en retrait respectivement de 26 % à 17 %.