« En moyenne, les agrocarburants produits à partir de cultures alimentaires émettent moitié plus de gaz à effet de serre que les combustibles fossiles. De plus, la politique de l’UE (Union européenne) accroît la pression sur le foncier bien au-delà des frontières européennes », précise l’association. Oxfam rappelle qu’en 2012, plus de 40 % des terres nécessaires pour produire de l’énergie à destination de l’UE se trouvaient en dehors du territoire européen.

Selon les prévisions du ministère américain de l’Agriculture (USDA) pour 2016, l’UE est le deuxième importateur mondial d’huile de palme brute, l’Inde et la Chine se classant aux premier et troisième rangs. « Oxfam a étudié des cas en Tanzanie, au Pérou et en Indonésie où les producteurs d’huile de palme et d’autres cultures destinées à la production d’énergie ont chassé des familles des terres qu’elles habitaient et cultivaient, sur lesquelles elles élevaient leur bétail et chassaient, et qui leur permettaient de gagner leur vie », s’insurge l’association dans son communiqué de presse.

Oxfam veut une révision de la politique bioénergétique de l’UE

Selon Oxfam, la réglementation européenne « doit prendre en compte les émissions de carbone indirectes imputables aux changements d’affectation des sols dans le calcul de ses réductions d’émissions. Elle doit aussi systématiquement imposer aux entreprises européennes du secteur des bioénergies d’obtenir le consentement préalable, libre et éclairé des communautés locales dans leurs chaînes d’approvisionnement. »

L’association exige aussi que l’UE mette fin à l’utilisation d’agrocarburants produits à partir de matières premières agricoles ainsi qu’aux objectifs d’incorporation d’agrocarburants dans les carburants traditionnels au niveau national. Le 30 novembre 2016, la Commission devrait présenter une nouvelle directive sur les énergies renouvelables et une politique d’exploitation durable de la bioénergie dans le cadre d’action pour le climat et l’énergie à l’horizon de 2030.

C.L.J.