C’est en plein Salon international de l’agriculture (SIA), le 22 février 2026, que l’incident se serait produit, à proximité du stand de la Coordination rurale (CR). Selon France Bleu ICI Touraine, un élu au bureau de la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire et représentant de la Coordination ruraledu département, aurait envoyé des SMS à caractère sexuel à une salariée animatrice de la CR Centre-Val de Loire, avant de se rapprocher d’elle et de lui poser les mains aux fesses.
Prise d’un malaise après les faits dénoncés, la salariée a dû être prise en charge par les pompiers, indique France Bleu. Le secrétaire général du syndicat, François Walraet, rapporte qu’elle « tremblait et semblait en état de choc ». L'agriculteur incriminé aurait continué à lui envoyer des messages alors même qu’elle était secourue — dont l’un indiquant qu’il était seul dans sa chambre d’hôtel.
Dix jours après les faits, le mercredi 4 mars, il a remis sa démission au président de la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire, Bruno Bois, invoquant des « raisons personnelles et médicales », selon le communiqué de presse publié le 6 mars par l’établissement public lui-même.
La gestion nationale sous les critiques
Contacté par la France Agricole le 10 mars 2026, le président national de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, défend la gestion interne de cette crise. Il indique être arrivé sur le stand après les événements, où la salariée était entourée de deux élues du comité directeur et d’une salariée qui tentaient de la réconforter. Il assure avoir prévenu les services concernés, tels que la MSA et l’inspection du travail, pour s’assurer que la salariée soit officiellement protégée. Selon Bertrand Venteau, la salariée est de retour au travail, et n’a pas porté plainte à ce stade.
Le responsable syndical estime toutefois que la vive polémique médiatique autour de cette affaire est en partie alimentée par des tensions internes liées à l’ancienne équipe dirigeante. Bertrand Venteau admet que la CR traverse une période difficile, principalement liée à une phase de croissance rapide et de transition à la tête du syndicat. « Ça n’aura pas d’impact sur le long terme, rassure-t-il. Nous n’avons jamais autant rentré d’adhérents, nous sommes en train de nous structurer pour passer un cap lié à la crise de croissance, il faut du temps, il faut qu’on se professionnalise. »
En réponse à cet incident ainsi qu’à une lettre d’un collectif de salariés de la CR signalant la dégradation de leurs conditions de travail (lire cet article du Monde), le syndicat a mandaté un cabinet d’audit externe. Cet audit, prévu sous 4 à 6 semaines, doit permettre aux salariés de s’exprimer librement et anonymement sur leur ressenti et sur d’éventuelles pratiques passées, explique Bertrand Venteau.
Apprendre à réagir face à des propos sexistes (19/12/2025)