Faisant suite à la mauvaise moisson de 2016, la CNDSF rappelle ce 24 août 2016 que « l’heure est aux économies » et que « l’utilisation massive des semences de ferme sera la première mesure de sobriété à favoriser pour la campagne à venir ». C’est pourquoi elle fustige l’aide de la Région Île-de-France pour financer les semences certifiées des blés pour les semis d’automne.

La qualité en débat

« Contrairement à ce que laisserait croire le communiqué de la Région Île-de-France au sujet de cette opération, rien ne permet d’indiquer que les semences certifiées sont de meilleure qualité que les semences fermières puisque produits dans les mêmes champs, souligne la CNDSF. La supériorité de la qualité intrinsèque des semences certifiées par rapport à la semence de ferme n’a jamais été démontrée. »

La CNDSF rappelle aussi que « les semenciers ont obtenu une dérogation cette année pour vendre de la semence de ferme (R2) en tant que semence certifiée ». Et de chiffrer que « le coût d’une semence fermière (incluant le prix des grains, le triage, le traitement avec le produit et l’ensachage) est de l’ordre de 52 €/ha. Or il faut compter un minimum de 92 €/ha avec une semence certifiée… pour le même résultat ! »

Une aide mal ciblée

Le syndicat estime par ailleurs que l’aide est mal ciblée et revient à inciter les agriculteurs à des « dépenses inutiles. Il est primordial d’orienter toutes les aides qui leur sont destinées directement vers les producteurs afin que ceux-ci en perçoivent l’intégralité. Que les semenciers puissent profiter d’un effet d’aubaine pour préserver leur chiffre d’affaires et leurs marges ne nous paraît pas prioritaire aujourd’hui. »

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