Avec une production mondiale prévue à 38,5 millions de tonnes (Mt) pour la campagne 2025-2026, l’offre en blé dur est abondante pour la deuxième année consécutive. Elle est supérieure à la consommation « de l’ordre de 1,5 à 2 millions de tonnes », a précisé Yannick Carel, ingénieur chez Arvalis, le 6 février 2026 lors de la journée blé dur à la Rochelle. La hausse de la récolte est liée à celle des surfaces : plus de 13 millions d’hectares (Mha) au niveau mondial, soit + 1 million d’hectares sur la moyenne quinquennale. « Il n’y a pas eu de gros problèmes climatiques, et le rendement moyen a été supérieur à la moyenne quinquennale de l’ordre de 2 à 3 % », ajoute Yannick Carel. En France, les surfaces s’affichent, elles, en baisse.

De bonnes récoltes

La récolte 2025 a été supérieure à la moyenne quinquennale chez presque l’ensemble des pays producteurs, sauf au Mexique, où le niveau est « très bas » entre 300 000 et 400 000 tonnes, touché notamment par la sécheresse, et au Maroc. L’Union européenne et le Canada, les deux plus gros producteurs, se démarquent avec une bonne production autour de 9 millions de tonnes pour le premier et 7 millions de tonnes pour le second. Les États-Unis ont également eu une bonne récolte.

Attendus à 8,6 millions de tonnes en 2025-2026, les échanges mondiaux restent soutenus malgré un repli sur un an. « La Turquie est redevenue un importateur sur cette campagne », rapporte Yannick Carel. Après des récoltes records à plus de 4 millions de tonnes en 2023 et 2024, faisant de la Turquie un exportateur net, la production du pays est en retrait en 2025. Le Mexique est également devenu importateur, « pour la première année depuis longtemps », ajoute l’expert.

Des stocks au plus haut

Conséquence de la production supérieure à la consommation, les stocks mondiaux de fin de campagne sont attendus en hausse : à fin juin 2026, ils sont prévus à plus de 12 millions de tonnes, soit le troisième niveau le plus haut depuis 20 ans. « Alors qu’il y a deux ans, la situation était opposée : les stocks étaient au plus bas, à moins de 8 millions de tonnes, et la situation était tendue », commente Yannick Carel. Au Canada et en Union européenne, « tous les analystes ne sont pas d’accord sur les niveaux de stocks. Malgré tout, l’idée générale est que ces deux zones auront des stocks relativement conséquents à fin juin, ce qui traduit un marché relativement lourd actuellement, et probablement dans les semaines et mois à venir. »

Pour Patrick Jouannic, chargé du commerce du blé dur chez Soufflet by InVivo, la récolte mondiale 2026 pourrait être en retrait sur celle de 2025, car elle pourrait être affectée par des éléments météo. Il cite notamment les pluies importantes en Espagne et au Portugal, ou encore la tempête Harry qui a touché la Sicile, territoire de production de blé dur. « Cependant les stocks sont là, et il est difficile de voir des choses très positives quant à une hausse des cours », ajoute-t-il.