Depuis le mois dernier, la Commission européenne a gonflé de 1 % son estimation d’utilisation de blé tendre pour les fabricants d’aliments du bétail en Europe sur la campagne de commercialisation 2025-2026, soit + 0,5 million de tonnes (Mt), a présenté Maria Gras, cheffe adjointe de l’unité « grains et sucre » de FranceAgriMer, lors de la conférence mensuelle de l’organisation le 11 février 2026. En cause, un maïs ukrainien qui tarde à arriver dans l’espace communautaire, un maïs américain qui ne compense pas totalement ce retard, et la moindre compétitivité de la graine jaune face à celle du blé tendre qui perdure depuis la fin de l’année 2025.

Pour les mêmes raisons, le débouché en alimentation du bétail de l’orge est également révisé à la hausse par rapport aux projections du mois précédent, de 0,5 million de tonnes (+ 2 %). À l’inverse, pour le maïs il perd logiquement 2 % (soit -1,4 million de tonnes) en un mois, toujours selon les projections de la Commission.

Les fabricants d’aliments français aussi friands de blé tendre

La tendance est similaire à l’échelle française, avec un gain de 0,3 million de tonnes pour le poste alimentation du bétail du blé tendre entre janvier et février, relève Habasse Diagouraga, chargé d’études économiques sur le marché français des céréales à FranceAgriMer. Cela porte l’estimation à 4,8 millions de tonnes, soit « une hausse de 1 % sur un mois et de 5 % par rapport à la campagne précédente, essentiellement due à la nette compétitivité du blé par rapport à l’orge », observe-t-il.

Pour l’orge, « un peu moins compétitif » que le blé tendre, FranceAgriMer fait reculer le poste alimentation du bétail de 1 % sur un mois et de 6 % par rapport à la campagne précédente. Quant au maïs français, le bilan présenté en février reste proche de janvier.