Lors du conseil des ministres européens à l’Agriculture, le 26 janvier 2026, le Commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a annoncé son intention de suspendre le régime douanier de perfectionnement actif (RPA) pour le sucre. Une décision saluée par la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) dans un communiqué diffusé le lendemain.

« Ce régime n’est pas particulier au sucre, explique Timothé Masson, du service de l’économie de la CGB. Il permet d’importer des produits sans droits de douane, à condition qu’il soit transformé dans l’UE puis exporté vers un pays tiers. » En ce qui concerne le secteur du sucre, ce système est utilisé pour optimiser les flux. Depuis la fin des quotas sucriers, il a néanmoins « pris une place démesurée », dénonce la CGB. Pour le syndicat, le RPA a des effets « profondément déstabilisateurs », aux conséquences « économiques majeures ».

Un coût de 50 à 80 €/t de sucre

Durant la campagne 2024-2025, la situation a pris une ampleur « sans précédent », ajoute Timothé Masson. Il a calculé que 53 % du sucre importé dans l’Union européenne l’aurait été sous RPA, et jusqu’à 77 % du sucre brut. « Le RPA est devenu le premier régime d’importation, entraînant une perte de valeur pour l’ensemble de la filière sucrière européenne », ajoute-t-il, estimant que, selon les années, ce régime a coûté « entre 50 et 80 €/t de sucre ».

« Ce régime qui devait être vertueux s’est retourné contre la filière », selon Timothé Masson, de la CGB.

Le prix du sucre est normalement protégé par des barrières tarifaires sur le territoire communautaire. « Dans la pratique, un fabricant de sucre de betterave qui en exporte vers un pays tiers, même proche, peut acquérir, par ce volume d’export, des licences d’importation de sucre brut, explique Timothé Masson. En réduisant ces barrières tarifaires à la seule valeur de la licence et en prenant la référence du fournisseur le moins cher (le Brésil), dont le marché communautaire est normalement protégé, c’est l’ensemble du prix du sucre dans l’Union européenne qui baisse. »

De 300 000 à 500 000 tonnes importées en moins

La suspension de ce régime douanier pour le sucre devrait réduire les importations de sucre dans l’UE de 300 000 à 500 000 tonnes en provenance de l’origine la moins chère, qui est le Brésil. « Le sucre brésilien ne pourra plus rentrer, exception faite du Mercosur s’il s’applique », appuie Timothé Masson. Dans le cadre du Mercosur, l’Union européenne autorisera l’entrée sur son marché de 180 000 tonnes de sucre en franchise de droit (1,1 % de la production dans l’Union européenne).

La réduction des disponibilités du sucre d’importation « va contribuer à tenir les cours, estime-t-il. Les prix sont faits avec une multitude d’éléments, cela en fait partie. »