Selon la Commission européenne, les importations d’éthanol renouvelable pour carburants (bioéthanol) de l’Union européenne (UE) ont augmenté de 45 % entre 2021 et 2022. Une situation qui pourrait, selon elle, et « dans un avenir proche », aggraver les « effets dommageables sur les producteurs de l’Union ». D’autant que cette tendance se poursuit sur les cinq premiers mois de 2023, avec une envolée de 43,5 % par rapport à la même période de 2022.

Dans un document publié le 14 septembre 2023, la Commission annonce ainsi le lancement d’une surveillance a posteriori des importations de l’Union européenne de ce produit, mesure qui a déjà été instaurée une première fois en 2020.

La part de marché de l’Union européenne en baisse

Les importations en provenance des États-Unis et du Brésil, les deux premiers pays exportateurs, ont respectivement grimpé de 96 et 37 % entre 2021 et 2022. « Le marché de l’Union est très attractif du fait de ses prix élevés, souligne la Commission européenne. Les prix des importations en provenance du Brésil et des États-Unis sont inférieurs de plus de 15 % aux prix de l’Union. » Or, ces deux pays produisent plus qu’ils ne consomment et ont une capacité excédentaire combinée de 5,5 millions de tonnes, prête à être exportée.

« L’augmentation des importations coïncide avec une diminution de 10 % de la part de marché de l’industrie de l’Union. Le ratio des importations par rapport à la production de l’Union est passé de 21 % en 2021 à 39 % en 2022 », ajoute Bruxelles.

« Une nouvelle rassurante »

Cette surveillance a posteriori permettra, selon la Commission, de « disposer rapidement des données sur les échanges commerciaux pour remédier à la vulnérabilité du marché de l’éthanol renouvelable pour carburants de l’Union, et signaler de brusques variations des marchés mondiaux ».

« Une nouvelle rassurante » pour ePure, l’association européenne des producteurs d’éthanol : « Un suivi mensuel permettra d’obtenir une image statistique précise des volumes d’importations d’éthanol-carburant et aidera l’Union européenne à agir rapidement pour répondre à une menace de dommage grave pour son industrie, si nécessaire », précise l’association dans un communiqué diffusé le 15 septembre 2023.