Le nouveau dispositif d’assurance multirisque climatique (MRC) est entré en vigueur en janvier 2023. Le député David Taupiac (Liot) s’est penché sur l’évolution du taux de couverture après trois ans et a dressé ses conclusions dans un rapport présenté ce 8 janvier 2026, à l’Assemblée nationale, devant la ministre de l’Agriculture.
Cette dernière en a profité pour annoncer la reconduction du dispositif pour la période de 2026 à 2028, soit un engagement de 600 millions d’euros de la part de l’État et une subvention de 70 % de la prime d’assurance.
Manque de pédagogie
Si l’année 2023 a vu les souscriptions à l’assurance récolte bondir (+38 % de surfaces couvertes), les années suivantes ont été marquées par un ralentissement de la diffusion de la MRC. Pour 2025, les données provisoires affichent un taux de couverture total de 22,8 % (–3 % par rapport à 2024).
Les rapporteurs notent un manque de pédagogie autour de la nouvelle assurance récolte. « La MRC constitue un outil relativement récent », écrivent-ils. Le député Thierry Benoît (Horizons et indépendants), corapporteur insiste d’ailleurs sur la nécessité d’informer et de vulgariser sur le dispositif.
« Sentiment d’inefficacité » pour les prairies
Les prairies ont connu le plus fort recul avec une chute de 11 % des surfaces assurées entre 2024 et 2025. Pour rappel, l’assurance récolte des prairies repose sur un indice mesuré par satellite, vivement contesté par les éleveurs qui le jugent peu efficaces pour évaluer la perte de qualité des récoltes fourragères. « L’indice satellitaire alimente un profond sentiment d’inefficacité du système », souligne le corapporteur Julien Brugerolles (Gauche démocrate et républicaine).
Un constat partagé par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Toutefois, celle-ci rappelle que la loi « Entraves » — ou loi Duplomb — permet de simplifier la possibilité de déposer un recours pour les éleveurs ainsi que la collecte de données via l’Observatoire national de pousse de l’herbe.
Pas question pour autant de revenir aux mesures de terrain comme l’imposait le régime des calamités agricoles. « Si nous nous mettons à réautoriser les expertises de terrain, les assureurs se retiraient immédiatement, prévient-elle. Ce serait la fin de l’assurance prairie. »
Un rallongement inadéquat de la moyenne olympique
Plusieurs chantiers attendent donc le ministère pour améliorer le dispositif existant. À commencer par celui de la moyenne olympique, utilisée pour le calcul des pertes de rendement. La Commission et le Parlement européens ont donné leur feu vert pour rallonger sa durée à huit ans, au lieu de cinq. Les assureurs devraient proposer ce nouveau mode de calcul pour les contrats signés à l’été 2026, avance la ministre de l’Agriculture. Un rallongement qui ne convainc pas les députés. « Il est inadéquat », juge David Taupiac, qui plaide pour une période de dix à quinze ans. « Pour le versement de l’indemnisation de solidarité nationale, la question de la moyenne olympique n’est pas traitée, souligne Annie Genevard. C’est le prochain combat. »
Le coût réglé par les agriculteurs pourrait lui aussi évoluer. Le ministère travaillerait sur une piste pour que la cotisation à payer devienne nette de subvention. Annie Genevard a annoncé qu’un bilan de la réforme serait réalisé par son ministère d’ici à mars prochain.