Après le scandale de la viande avariée, l’annonce de la réouverture du marché chinois est venue du ministère brésilien de l’Agriculture, qui s’est félicité d’une décision qui « atteste de la solidité et de la qualité » de son système sanitaire. Le président brésilien Michel Temer s’est félicité dans un communiqué de la décision chinoise qu’il a saluée comme une « reconnaissance de fiabilité », tout en affichant sa « confiance totale » sur le fait que « d’autres pays vont suivre l’exemple de la Chine ».

Trois importateurs rouvrent leurs frontières

La Chine est le deuxième acheteur de viande de bœuf brésilienne, derrière Hong Kong, avec plus de 703 millions de dollars d’importations en 2016. Pour ce qui est de la volaille, la Chine figure aussi au deuxième rang, avec près de 859,5 millions de dollars d’importations.

L’Égypte, troisième pays acheteur de viande bovine du Brésil, avec 551,2 millions de dollars d’importations, a aussi annoncé samedi la levée de son embargo. Le Chili, sixième importateur de viande rouge en provenance du Brésil, a pris la même décision. Comme la Chine et l’Égypte, les autorités chiliennes ont décidé de ne maintenir « par précaution que la suspension des importations de viande bovine, porcine et volaille provenant des 21 établissements » épinglés.

Un scandale qui a atteint de plein fouet l’un des secteurs clés de l’économie brésilienne, déjà plongée dans la pire récession de son histoire. Une vingtaine de pays ont fermé partiellement ou totalement cette semaine leurs portes à la viande brésilienne, un rude coup pour un secteur qui a rapporté plus de 13 milliards de dollars à l’économie du géant sud-américain en 2016.

Précisions sur l’enquête

Les autorités brésiliennes se sont fortement mobilisées pour tenter de limiter les dégâts, autant au niveau de l’opinion publique locale que des principaux marchés étrangers. Le président Michel Temer a rappelé à plusieurs reprises que 184 lots de viande avaient été mis en cause par l’enquête, sur les 853 000 exportés en 2016. Il a évoqué aussi le fait que le Brésil dispose de plus de 4 000 usines de transformation de viande et que seules 21 d’entre elles ont été incriminées.

Hong Kong a annoncé vendredi le « rappel complet » de toutes les viandes ou volailles « réfrigérées ou congelées » déjà importées et provenant des 21 usines suspectes. L’Union européenne a quant à elle fait savoir, ce même jour, que « tous les lots de viande provenant d’établissements impliqués dans la fraude et qui sont actuellement en route vers l’UE seront rejetés et renvoyés au Brésil ». Pas suffisant pour la délégation française du Groupe de l’Alliance progressiste des Socialistes & Démocrates (S & D) du Parlement européen, qui demande « la suspension des importations de viande bovine en provenance du Brésil ». Comme Interbev, le parti préconise l’exclusion totale de la viande bovine des négociations sur l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur.

M.B. avec l’AFP