Le biométhane est sur une dynamique impressionnante ces dernières années, mais la filière craint un essoufflement de son développement. Le gaz vert est plébiscité en cette période de crise énergétique, mais la baisse des tarifs du biométhane injecté en 2020 a mis un coup de frein à l’émergence de nouveaux projets de méthanisation, regrette la filière lors de la présentation du panorama du gaz renouvelable, ce 17 mars 2022.

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La capacité installée a doublé en 2021, elle est désormais de 6 TWh, soit l’objectif qui était fixé pour 2023, mais son augmentation ralentit. Le contexte énergétique et géopolitique a pourtant conduit la Commission européenne a relevé au début du mois de mars les objectifs de production pour 2030. Le Syndicat des énergies renouvelables (Ser) estime que les gaz renouvelables peuvent représenter 20 % du gaz consommé en 2030.

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Connaître la trajectoire

Marc Schlienger, délégué général du club Biogaz de l’ATEE (Association technique énergie environnement), demande des objectifs clairs aux pouvoirs publics. « Quelle pente faut-il donner à la courbe de développement du biométhane ? On manque de chiffres, souligne-t-il. On ne sait pas vraiment où aller ni à quel rythme. » Il attend qu’un taux d’incorporation de biométhane dans le gaz naturel soit inscrit dans la loi, comme cela a été fait avec les biocarburants.

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Des propositions concrètes

Lors de la conférence de presse annuelle présentant le panorama du gaz renouvelable, Laurence Poirier-Dietz, directrice de Gaz Réseau Distribution France (GRDF), Marie-Claire Aoun, directrice des relations institutionnelles de Terega et Anthony Mazzenga, directeur des gaz renouvelables chez GRTgaz ont proposé des mesures pour développer la filière. Ils ont ainsi suggéré :

  • Une réduction des délais d’autorisation des projets.
  • Le passage de deux à trois ans du délai entre la signature des contrats d’achat et la date de mise en service des installations.
  • Une trajectoire tarifaire plus claire et la garantie d’un tarif suffisant face aux contraintes administratives et réglementaires.
  • Le lancement sans attendre d’appels d’offres pour des installations de plus de 25 GWh/an.
  • Le lancement d’appels à projets pour le biométhane non injecté, utilisé comme carburant.
  • La mise en route rapide des certificats de productions de biogaz.

Cette dernière mesure, annoncée depuis longtemps est censée entrer en vigueur à la fin de ce mois de mars.

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Gildas Baron