Le chef de l’État avait pris l’habitude de passer une journée entière au Salon international de l’agriculture pour aller à la rencontre des acteurs des différentes filières de l’agriculture et de l’alimentation.

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« Le salon c’est chez nous »

« Cette année, le salon c’est chez nous », a souri Alexandre Estivalet, l’un des quatre gérants de la ferme d’Etaules, un village à une quinzaine de kilomètres au nord de Dijon, en accueillant le président de la République, accompagné du ministre de l’Agriculture Julien Denormandie.

Après une visite de cette ferme familiale en polyculture-élevage (oléagineux, légumes, porcs, ovins, chevaux…), qui travaille notamment en circuits courts, Emmanuel Macron devait participer à une table-ronde.

Cette dernière réunit une douzaine d’agriculteurs, des transformateurs et des distributeurs « engagés pour une meilleure répartition de la valeur entre les différents maillons de la chaîne agroalimentaire », selon la présidence.

Ce débat est animé par Serge Papin, l’ancien patron de Système U missionné par le ministre de l’Agriculture pour travailler sur « la répartition de la valeur » dans ce secteur.

Cette discussion se tient à quelques jours de la fin, le 1er mars, des négociations commerciales annuelles qui déterminent les prix des produits vendus en supermarché (hors marques de distributeur) et la rémunération de tous les maillons de la chaîne alimentaire.

« On travaille plus de 60 heures par semaine »

« La situation des agriculteurs est difficile. C’est très compliqué de joindre les deux bouts », a témoigné Alexandre Estivalet, 33 ans, « même si (notre) ferme marche bien en s’étant diversifiée. On travaille plus de 60 heures par semaine, avec peu de vie de famille, mais si, à la fin, on n’a pas de salaire, ce n’est pas possible. »

Alexandre Estivalet a expliqué qu’il dirait à Emmanuel Macron que les agriculteurs étaient « prêts à faire beaucoup d’efforts pour la transition écologique » si l’État « les soutenait et n’ajoutait pas des règles encore plus contraignantes ».

Cette visite se déroule sur fond de polémique autour de la décision de la mairie écologiste de Lyon de fournir des menus uniques sans viande dans les cantines, qualifiée de « honte » par Julien Denormandie mardi sur RTL.

AFP