« On craint qu’une grande quantité des réserves de blé sur le port ait été affectée ou détruite par l’explosion. Les stocks sont gravement endommagés », a déclaré le responsable des urgences de la FAO, Dominique Burgeon, joint par l’AFP depuis Paris. Les silos, pouvant contenir jusqu’à 120 000 tonnes de céréales, ont été détruits dans l’explosion qui a ravagé le le port de Beyrouth et une partie de la ville. Cet incident est dû à l’explosion de quelque 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium « On craint d’avoir à assez brève échéance un problème de disponibilité de farine pour le pays », a ajouté Dominique Burgeon.

« D’autres ports prendront le relais »

En raison de la possible destruction des infrastructures portuaires, des problèmes d’approvisionnement semblent également se dessiner. Maya Terro, fondatrice de « Food Blessed », une ONG libanaise qui distribue des aides alimentaires, redoute des pénuries, le port est en effet la principale porte d’entrée des importations. « Le Liban importe 80 % de sa nourriture. Immédiatement j’ai pensé : rayons de supermarchés vides, augmentation des prix à cause des pénuries », a-t-elle indiqué à l’AFP.

Le pays devrait cependant pouvoir se tourner vers d’autres canaux pour importer des céréales. « Le Liban est bon commerçant. Il saura s’approvisionner en grains, qui reste accessible », tempère Gautier Le Molgat, d’Agritel. « Les importations seront reportées vers d’autres ports libanais comme celui de Saida, qui prendront le relais », explique-t-il.

Un « coup dur » pour un pays déjà en crise

Il reconnaît cependant qu’il s’agit d’« un coup dur pour le pays qui traverse une crise économique énorme, à laquelle s’ajoute une crise politique et industrielle ».

L’inflation des produits alimentaires de base avait en effet déjà grimpé en flèche au Liban, touché par une profonde dépression économique, atteignant les 109 % entre septembre et mai, selon le Programme alimentaire mondial (Pam), autre agence de l’ONU.

Au moins une centaine de personnes sont mortes, et des milliers d’autres ont été blessées dans les deux explosions survenues le mardi 4 août 2020. Selon le gouverneur de la ville, Marwan Abboud, « près de la moitié de Beyrouth est détruite ou endommagée », avec 250 000 à 300 000 personnes se retrouvant sans domicile.

J. P. avec l’AFP
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